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Quand le mutisme de l’Etat est tellement expressif ...

Au moment où l’affaire des 7 détenus d’Al Adl Wal Ihsane, qui ont été enlevés et torturés avec les méthodes les plus abominables et abjectes de l’ancienne et de la nouvelle ère, est devenue une affaire d’opinion publique, dont les organismes et les associations des droits humains ont fait leur affaire, pour contacter les autorités par écrit en les personnes du premier ministre et des ministres de la Justice et de l’Intérieur, le régime au pouvoir a gardé un silence fort éloquent. Il a préféré se taire. Il avalé sa langue et a fait taire ses porte-paroles.

Il y a un mois qu’un nouveau dossier a été fabriqué de toutes pièces pour faire pression sur le Mouvement Al Adl Wal Ihsane, à travers une histoire "infantile ", fruit d’une fertile imagination romanesque : des inconnus – à ce moment-là – ont enlevés les 7 dirigeants d’Al Adl Wal Ihsane à Fès qui ont été conduits vers une destination –inconnue à l’époque- où règne la torture, l’humiliation et la violation flagrante des droits de citoyenneté les plus élémentaires. Ils ont été ensuite présentés à la Justice pour des accusations fausses et mensongères. Après que la plupart des organismes marocains des droits humains et Amnesty International aient exigé de l’Etat l’ouverture d’une enquête impartiale, en vue de déterminer les coupables et réparer l’injustice subie par les détenus, et après que le dossier ait pris une tournure médiatique, politique et de droits humains inattendue pour les fomenteurs et les exécutants de la conspiration, voici que les autorités ripostent à tout cela par un silence muet. Cela traduit inévitablement une reconnaissance sans ambigüité de leurs agissements, mais avec un langage muet que toute personne munie d’un minimum de raison peut facilement déchiffrer.

Si le silence n’est souvent pas éloquent, il est parfois plus probant que les paroles. Que le régime au pouvoir ignore tous ces appels, n’engage pas de procédure judiciaire impartiale et adéquate pour jeter toute la lumière sur ce qui s’est passé et que les décideurs officiels optent pour le silence, c’est tout simplement la reconnaissance nette et claire qu’un appareil sécuritaire central avait pris une décision officielle suivant la suggestion de hautes sphères politiques d’enlever et torturer "les détenus" avant de porter de nouvelles, injustes et fausses accusations contre le Mouvement Al Adl Wal Ihsane, dans l’espoir de le ramollir un petit peu ou ralentir son évolution. C’est la reconnaissance qu’on ne peut que mettre sur le compte de l’Etat qui n’a pas eu le courage de le faire, par les paroles et les faits, et a choisi le silence et la surdité.

Dans les pays démocratiques, quand les autorités entreprennent une quelconque action, elles en communiquent les détails, les soubassements et les raisons, car ils –les pays démocratiques – sont convaincus de la régularité de leur action, légalement et humainement, tout en ayant à l’esprit que l’erreur juridique est toujours possible. A ce moment ce sont les institutions de la Justice et de contrôle qui interviennent pour trancher en cas de controverse. Mais dans les pays où règne le sous-développement et le despotisme, les régimes au pouvoir mettent au point leurs lugubres projets dans l’obscurité la plus totale et les mettent à exécution loin des yeux et des oreilles de l’opinion publique (ni vu ni connu). Place alors aux enlèvements nocturnes et aux tortures dans des lieux non officiels. Quand l’affaire est dévoilée, l’Etat opte pour le silence, car n’importe quel discours – quoique mystificateur et trompeur – ne peut justifier la violation des droits humains, ni le piétinement de la dignité humaine ni la confiscation du droit de l’appartenance politique.

Réception du Détenu Politique Dr Belkacem Tennouri

Al Adl Wal Ihsane

Méthode prophétique