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Par: EL MILOUDI MOUFTDI
Le clair obscur : Ce Cher bonheur, comment l'atteindre ?
L’Islam, en tant que religion céleste, et, constituant l’achèvement de l’ère de la révélation, se fixe pour tâche de transmettre un message universel, complet et éternel. Tout l’enseignement qu’il prodigue est axé sur l’homme. Son seul objet, c’est la régulation de trois types de rapports, tous liés à l’homme, mais se situant à des niveaux différents quant à leur manifestation. En effet,ces rapports sont d’une importance majeure,étant donné qu’ils forment la toile de fond sur laquelle se détachent tous nos faits et actes, faits et actes dont l’objet peut être l’individu lui-même,son prochain ou Dieu le Tout-Puissant. En d’autres termes plus simples, il s’agit d’envisager les rapports de l’homme avec lui-même, de l’homme avec l’homme et de l’homme avec Dieu. C’est de la maîtrise de ces relations, de leur normalisation, que dépend notre bonheur. Dieu a dit : « Nous n’avons rien négligé dans le livre »
Or, quand on fouille dans la vie de l’homme, quand on analyse ses comportements, qu’on décortique ses aspirations, on se confronte inéluctablement à une seule et unique réalité, voire une évidence : l’aboutissement escompté de tous les efforts fournis, c’est le bonheur. Cette notion magique, qui a animé -et anime encore- beaucoup de polémiques, et qui a fait couler beaucoup d’encre, personne n’est encore en mesure d’en percer les secrets, en recourant aux seules données empiriques ou cognitives. « Vous ne détenez que trop peu de choses du savoir » nous apprend Dieu glorifié soit son nom.
Beaucoup de penseurs, hommes de lettres ou philosophes, ont longtemps rejeté la dimension spirituelle. L’adhésion de certains d’entre eux au courant matérialiste, qui a revêtu une panoplie de couleurs, les a conduits non seulement à désavouer l’existence de Dieu, mais, pire encore, à proférer des blasphèmes, des imprécations, à dénigrer la foi et à tourner en dérision les croyants.
D’autres encore, bénéficiant d’une renommée mondiale, ont consacré leur carrière, une longue carrière d’une cinquantaine d’années, à débiner le Tout-Puissant, à induire en erreur une bonne partie de la population mondiale. Leur thèse nihiliste utilise, pour se propager toute forme artistique à même de duper les gens et de les faire douter de tout, y compris d’eux-mêmes. Ecriture romanesque, théâtrale, arts plastiques, tout contribue à déraciner les hommes, à les jeter dans le néant. Et pourtant, chose paradoxale, nombreux de ces intellectuels réputés et de ces artistes de talent se sont rétractés à l’âge de la retraite ou sur leur lit de mort ! N’est-ce pas malheureux ? N’est-ce pas regrettable ? Passer toute une vie à se battre et à combattre pour un soi-disant idéal, y mettre du sien, y sacrifier tout, puis, un beau jour, se réveiller avec la conscience bouleversée, embrouillée, meurtrie et déboussolée. Se rendre compte,après tant d’années de labour et d’endurance,que la vie qu’on menait jusque-là n’était qu’un mensonge,que l’idéal qu’on défendait n’était qu’un fantôme,se rendre compte de tout cela , est une réalité amère, d’autant plus que le mal qu’on incarnait, on le semait à tout vent.
On découvre, en fin de compte, non seulement qu’on s’est trompé, mais qu’on a trompé les autres aussi. Et le résultat en est que le fardeau sera lourd, puisqu’il nous est imposé de supporter le nôtre et celui des autres également. C’est nous qui impliquons les autres dans nos actes, et alors nous devons payer pour eux ; ce qui est triste, c’est que la note sera très élevée. Tous ceux qui auront opté pour ce choix, celui de tourner le dos aux préceptes divins, connaîtront le pire des malheurs dans leur vie ici-bas, sans parler de ce qui les attend après la mort. Tout ceux qui osent prétendre vivre « librement », indépendamment de toute contrainte religieuse, se trouvent plongés dans un abîme sans fond, et leur âme navigue dans un vide vertigineux. Combien j’en ai connu qui ne manquaient de rien, enfin presque, mais qui, une fois que j’ai gagné leur confiance,se sont livrés à moi et m’ont vidé leur sac. Ils m’ont exposé sans retenue aucune tout ce qui leur pèsait sur le coeur,avec les larmes aux yeux en me confiant intimement : « En fait,il faut dire que sur le plan matériel on ne manque de rien; on a sa petite voiture; on a son petit appartement ; tous nos droits sont assurés ; on voyage beaucoup... mais on ressent un certain malaise qui nous écrase,qui nous handicape...Je... Je ne sais pas...Il y a...Il y a quelque chose qui ne va pas...C’est...C’est profond,vous savez ? » Cette scène n’est nullement un cas isolé, exceptionnel ! Presque tous ceux que j’ai eu l’occasion de fréquenter et qui se sont ouverts à moi, qui m’ont livré leurs secrets, se sont exprimés de la sorte. Ils parlent tous de ce « malaise », de ce « quelque chose qui ne va pas » qui leur empoisonne la vie,qui les empêche de vivre heureux. C’est donc un déséquilibre qui se trouve tu, caché, relégué au second plan, derrière des apparences teintées d’une joie fausse, d’un amusement forcé, d’un rire abondant mais superficiel, figé, mécanique, car artificiel et mensonger. « La vie est ailleurs » a dit Kundera dans le titre de l’un de ses romans. Cette souffrance, ce malaise indéfinissable est le fruit d’une vie sans foi, c’est l’aboutissement inévitable de la vie d’un homme n’ayant aucun rapport, ni aucun contact avec Dieu. Dieu n’a-t-il pas dit : « Et celui qui tourne le dos à mes préceptes, mènera une vie malheureuse et le jour de la résurrection, il ressuscitera aveugle. Il dit : « O Dieu ! Pourquoi tu m’as ressuscité aveugle alors que j’étais voyant ? Dieu dit : tu as reçu nos prescriptions, tu en as fait fi ; ainsi, tu seras oublié aujourd’hui».
Publié le: vendredi 28 juillet 2006






