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Dix septième anniversaire de la détention des étudiants d'Al Adl Wal Ihsane
Al Adl Wal Ihsane(Justice et Spiritualité)
Comité des droits humains
Les 12 étudiants de Justice et Spiritualité : 17 ans de détention arbitraire « Ce sont de jeunes gens qui ont cru en leur seigneur ; et dont Nous avons renforcé la foi »
Le Mouvement Al Adl Wal Ihsane, les familles et les amis des étudiants de l’Université d’Oujda ont commémoré ce mois-ci le 17 ème anniversaire de la détention de ces derniers, qui perdure depuis le 1er novembre 1991.
Dix sept années qui relient l’ancienne ère à la nouvelle, et prouvent qu’en fait, la situation des Droits de l’Homme au Maroc est la même et que les années de plomb ne sont pas finies. Un dossier politique a été transformé en affaire criminelle fabriquée de toutes pièces à partir du meurtre d’un étudiant gauchiste dans des circonstances « mystérieuses » et qui a donné lieu à l’arrestation d’un groupe d’étudiants et de responsables du Mouvement dans l’Oriental.
La torture qu’ils subirent pendant l’interrogatoire ne visait pas à découvrir le meurtrier mais surtout à connaître la dimension réelle du Mouvement et son expansion dans la région. Ceux qui supervisaient cette opération avaient monté tout le scénario et assemblé ses pièces : de l’arrestation au simulacre de procès qui a donné lieu à la condamnation de ces bonnes âmes à 240 années d’emprisonnement.
Mais la face cachée de l’iceberg est plus effrayante, comme en témoignent les vérités dévoilées par l’ex-ministre des Habous dans son ouvrage concernant les négociations du régime avec le Mouvement. L’Etat avait procédé à l’arrestation et à la condamnation de son Conseil d’Orientation à 2 années de prison ferme, sur la base de procès verbaux falsifiés, selon leurs auteurs-mêmes. Il entama une série de pourparlers avec ses membres dans leur lieu de détention (et en essayant d’exercer des pressions), pour les faire revenir sur leurs positions. Mais voyant que le délai de leur remise en liberté approchait sans résultats concrets, il opta pour le dossier de la violence, faisant d’une pierre deux coups : faire plier ce mouvement qui le gênait de plus en plus et faire perdurer cette animosité entre deux tendances toutes deux gênantes : les islamistes et la gauche.
Le Maroc a vécu des évènements majeurs, de nombreuses notes et verdicts dans des affaires criminelles flagrantes (dont des violences entre factions estudiantines qui ont abouti à des meurtres& ), comme il a vu des genres de grâce qui ont exclu ces étudiants et renforcé l’iniquité qui les avait touchés. Ils n’ont bénéficié d’aucun procès équitable, ni des droits octroyés aux détenus de droit commun (étant considérés comme tels par le makhzen et ses sbires) comme l’acquittement après l’obtention de diplômes universitaires ou pour bonne discipline& leurs bourreaux qui ne cessent de prétendre haut et fort la réconciliation et à l’équité n’ont jamais reconnu leurs statut de détenus politiques.
En fait, ils demeurent hors classement, « Ce sont de jeunes gens qui ont cru en leur seigneur ; et dont Nous avons renforcé la foi », ils appartiennent au Mouvement Al Adl Wal Ihsan(e Justice & Spiritualité), une ligne rouge qui fait taire les voix et qui donne prétexte à des milliers de violations flagrantes à l’encontre d’innocents, sur l’ensemble du territoire marocain : des hommes, des femmes et des enfants appartenant à un mouvement qui renie l’arbitraire et la répression. C’est en fait le plus ancien et le plus consistant des dossiers des Droits de L’Homme au Maroc moderne, depuis « L’Islam ou le Déluge » (1974) jusqu’à aujourd’hui (34 ans). « Certes, Dieu les fera triompher ».
Comité des droits humains d’Al Adl Wal Ihsane
10 novembre 2008
Publié le: mardi 11 novembre 2008






