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Par: Elmiloudi Mouftadi
L’amour du prochain
« O hommes ! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle et nous avons fait de vous peuples et tribus pour que vous fassiez connaissance.Le plus digne d'entre vous est le plus pieux. »
L'un des aspects marquants de notre époque, c'est l'ouverture des gens au dialogue. Et c'est tant mieux ! Car, cette entité qu'est l'être humain est extrêmement riche et couve tant de secrets auxquels il convient de croire et dont la découverte n'a d'autres effets que de faciliter le rapprochement, d'établir des liens de communication, et, de là, préparer un terrain d'entente. C'est une chose très naturelle de croire que les hommes ont beaucoup de choses en commun, qu'ils sont des frères, dans une certaine mesure ; nous ne pouvons refuser d'admettre que nous avons quelque chose d'universel qui nous unit, qui nous lie et qui, par la force des choses, nous rend solidaires.
« Personne ne pourra avoir la foi que s'il aime pour son frère ce qu'il aime pour lui-même », a dit le Prophète, que la paix et la bénédiction soient sur lui.
Il est, certes, indéniable qu'on a des différences ; il est aussi indéniable que ce n'est pas tant ces différences qui constituent l'origine de nos problèmes, mais plutôt la gestion qu'on en fait. Quand j'admets le droit à la différence, que j'accepte l'autre tel qu'il est, que je l'écoute, que je prends en considération la liberté de choix, je ne peux que condamner l'égocentrisme et bannir l'exclusion.
Quand on a la chance de jouir de telles dispositions, quand on y croit fort, on ne peut éprouver que de l'amour pour son prochain, on ne peut que s'inquiéter pour lui en ce qui concerne son sort. On agit pour son bien, on cherche son bonheur, son salut ici-bas et dans la Vie Dernière.
Mais qu'est-ce que je raconte ? Je crois que je me suis laissé aller, influencé que je suis par l'appel du coeur. Mon discours risque d'être taxé d'obsolète, car trop irréaliste et trop idéaliste, me dirait-on. Comment peut-on parler d'altruisme alors que le pragmatisme bat tous les records dans un monde bouillonnant où le matérialisme défie toutes les chroniques ? Comment peut-on parler d'aimer autrui et s'inquiéter de son devenir dans un monde rongé par l'hypocrisie, par le mensonge et par la fausseté, un monde dominé par les escrocs, par les magouilles et par les machinations à tel point que les âmes pures sont traitées de naïves, d'ingénues, quand elles n'inspirent pas la méfiance des gens trop vigilants, trop éveillés.
Y-a-t-il un moyen de rompre ce cercle vicieux, de déverrouiller ce piège du mal satanique, de desserrer cet étau dans lequel se trouve pris l'homme moderne ? Est-il encore possible d'envisager une sorte de rapports humains qui seraient basés sur la vertu et gouvernés par la piété ? Très certainement ! Et ce n'est nullement difficile. Mais il y a un prix à payer : Faire une concession de ses prétentions, se libérer de ses illusions de tout savoir, de pouvoir tout comprendre, tout expliquer, de se sentir imbattable, et renouer avec Dieu, glorifié soit Son nom, se réconcilier avec Lui. Voilà la clé du mystère. Il ne s'agit pas de rendre inactif l'esprit, ou d'étouffer la raison, bien au contraire, il faut rationaliser son emploi, optimiser ses performances en lui faisant connaître ses limites ; car, il en a, des limites !
Quant au coeur, on nous a longtemps trompés sur son compte en nous faisant croire qu'il n'est que source d'erreurs et que, y faire foi est une honte. Et quel en est le résultat ?
Ce monde blasé et déchiré, cette vie dépourvue de sens, et donc absurde !
Les Prophètes sont les messagers de Dieu ; ils ont été envoyés à leurs peuples pour enseigner la sagesse. Et tous ceux qui ont hérité d'eux font de même. Ils s'efforcent d'assurer la relève, de guider les hommes, de leur apprendre ce qu'eux-mêmes ont appris. Voilà à mon avis la mission la plus noble de l'homme dans ce monde. Parler, communiquer, échanger des idées, des opinions, se sentir l'un l'autre, s'accepter, se respecter mutuellement, et reconnaître aux êtres et aux choses leur juste valeur, voilà, selon ma modeste opinion, ce qui fait la grandeur de l'homme. Il faut savoir faire une pause, marquer un arrêt et jeter un regard derrière soi, un regard sur sa vie passée et se poser des questions : qu'ai-je fait dans ma vie, pour moi, pour les autres ? Qui suis-je et que suis-je dans ce monde ? D'où est -ce que je viens ? Où est- ce que je vais ? Combien vivrai- je ? Que deviendrai-je après la mort ?
C'est à toutes ces questions, et à tant d'autres, si grandes soient-elles, que je dois m'efforcer d'apporter une réponse, pour que ma vie ait un sens, et que mon âme vive en paix.
Publié le: jeudi 25 janvier 2007






