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Par: Mohamed Lamri
Comment accueillir Le Ramadan
Louange à Dieu le clément Le Miséricordieux, Qui a désigné à Ses fidèles des moments privilégiés, pour leur augmenter les récompenses et les combler de gratifications.
Paix et salut à Son Prophète, ses descendants, ses compagnons et ses frères.
Ramadan est à nos portes. Y avons-nous pensé ? En sommes-nous conscients ? Avons-nous évalué l’importance et la dimension spirituelle et sociale de ce mois sacré ? Comment devons-nous l’accueillir donc ?
Les compagnons du Prophète, paix et salut à Lui, accueillaient Le Ramadan de drôles de façons et s’y préparaient par des manières un peu étranges. Etranges pour nous.
D’après Anas, que Dieu l’agrée : « Quand les compagnons du Prophète, paix et salut à lui, apercevaient le croissant de Chaâbane, ils se penchaient sur la lecture du Coran. Les musulmans donnaient la Zakat pour que les pauvres et les faibles se revigorent pour le jeûne du Ramadan. Les walis (chefs de wilayas, de provinces) convoquaient les responsables des prisons, pour leur transmettre que les condamnations devaient être exécutées, ou bien les prisonniers libérés. Les commerçants se dépêchaient de régler ce qu’ils devaient et recevoir ce qu’il leur était dû. Quand ils voyaient le croissant du Ramadan, ils se lavaient et se retiraient, entamant une retraite pour se consacrer à l’adoration et à la lecture du Coran ».
C’est ainsi que les compagnons, que Dieu les agrée tous, exaltaient Le Ramadan et s’y préparaient. Ils s’y consacraient entièrement et sincèrement, en se retirant et en s’appliquant assidûment.
Au mois le plus sacré et le plus spirituel, ils réservaient un accueil spirituel, mystique et dévot. Ils l’accueillaient dignement, comme il se devait.
Comment l’accueillons-nous, aujourd’hui ? Comment nous y préparons-nous ?
Les musulmans d’aujourd’hui se préparent au Ramadan de drôles de façons aussi, mais "drôle" au sens le plus péjoratif du terme.
La réalité prouve que la plupart des musulmans -car il y a des exceptions- ne se préparent pas spirituellement et religieusement, avec le respect spirituel dû au mois du jeûne, à la manière des compagnons. Ils s’y apprêtent des façons les plus indignes, voire les plus antinomiques.
Leurs principaux soucis, dans ces préparatifs, sont loin d’être spirituels et dévots, mais purement matériels. Certes, Ramadan est la saison où les fidèles changent -et devraient changer- d’habitudes, en s’adonnant complètement à l’adoration de leur Seigneur, sans délaisser pour autant leurs devoirs ni leurs tâches habituels.
Ils sont appelés à vivre spirituellement ce mois sacré, c'est-à-dire délaisser, l’espace d’un mois, leurs mauvaises habitudes de consommation, de sommeil et tous les autres plaisirs charnels. Ils sont invités à goûter aux plaisirs sublimes du jeûne, ceux de l’âme. C’est le corps qui devrait jeûner, l’âme, elle se revigore par le jeûne, le dhikr, la lecture du Coran et tous les autres actes d’adoration.
Dans les différents pays arabes et musulmans, les souks, les magasins et les marchés s’emplissent en ce mois sacré plus que d’habitude, au cours des autre mois. Aujourd’hui, les musulmans se préparent au Ramadan par le stockage des différentes denrées alimentaires, façon de se prémunir contre les pénuries. Mais en vérité c’est par égoïsme qu’ils le font. Ils oublient leurs frères nécessiteux, au mois de l’entraide et de la solidarité sociale. Ils ne comprennent pas -ou ne veulent pas comprendre- que cela constitue une aubaine pour les marchands sans scrupules. Ils donnent aux monopolisateurs et spéculateurs, impitoyables et inhumains, l’occasion d’augmenter les prix pour s’enrichir illégalement, en écrasant les musulmans démunis.
Ces habitudes d’accueillir le mois sacré sont déplorables et blâmables. Elles sont tout à fait en contradiction avec les principes religieux et les fondements spirituels pour lesquels l’obligation du jeûne a été prescrite, dont, notamment, la sobriété et modération, la crainte de Dieu, la patience, le repentir et l’absolution des péchés.
C’est ce que beaucoup d’entre nous, nous autres musulmans d’aujourd’hui, ne comprennent pas et sont loin d’accomplir. Pour cela, il faudrait observer un certain nombre de règles et d’actes d’adoration, physiques certes, mais surtout du coeur.
En premier lieu, l’intention (la Nia), qui est la base de toute adoration, car « les actes ne valent que par les intentions », comme nous en a informés Le Prophète, paix et salut à Lui. L’intention est un acte du coeur, profond et intime, entre le fidèle et Le Seigneur, et qui répond intimement à la question : "Pourquoi j’accomplis tel culte ou telle obligation religieuse ?".
Même du point de vue jurisprudentiel, l’intention est la condition sine qua non de tout acte d’adoration. Le fidèle sincère et dévoué est celui qui magnifie l’intention, qui lui donne toute son importance, car elle est le secret, le fondement et la quintessence de tout acte d’adoration.
C’est sur cela que Le Prophète, paix et salut à Lui, a voulu attirer l’attention des fidèles serviteurs, en disant, dans ce qui a été rapporté par Al Boukhari, An-Nassai et autres, selon Abou Horaïra : "Celui qui aura jeûné le Ramadân avec foi et espoir de récompense, sera absout de tous ses péchés antérieurs. Celui qui aura prié pendant la nuit du destin, avec foi et espoir de récompense, sera absout de tous ses péchés antérieurs".
L’Imam Al Khattabi a dit : « Avec foi et espoir", c"est-à-dire avec la certitude que c’est Dieu Qui a ordonné le jeûne - et qu’on doit Lui obéir - et avec le désir de récompense de Dieu, Son Paradis, voire Sa face. »
Ainsi, Ramadan ne devrait pas être accueilli comme une simple période de jeûne et un culte ordinaire, comme un mois d’abstinence ponctué de longues veillées et de soirées devant les écrans de télévision.
Le jeûne est un acte d’adoration profondément sincère, car mû par une véritable intention de se soumettre à l’ordre de Dieu. C’est le quatrième pilier de l’islam. Dieu en a fait le mois d’adoration et de spiritualité par excellence, le mois du repentir et du pardon. Les versets et les hadiths qui en louent les bienfaits sont innombrables.
Contentons-nous de ce hadith, rapporté par Ibn Khouzaima, d’après Anas, que Le Prophète, paix et salut à Lui, a dit : « Qu’est-ce qui vient vers vous et que vous accueillez ? Qu’est-ce qui vient vers vous et que vous accueillez ? Qu’est-ce qui vient vers vous et que vous accueillez ? Et Omar, que Dieu l’agrée, de répliquer : Ô Prophète ! Est-ce une révélation ? Il répondit : non, Un ennemi est arrivé ? Il répondit : non, Omar dit alors : donc c’est quoi ? Le Prophète dit : La première nuit de Ramadan, Dieu pardonne à tous les gens (fidèles) de cette Qibla, et il la désigna de la main ».
Publié le: jeudi 28 août 2008






