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Par: Mohamed Chbani
En attendant des jours meilleurs…
110 milliards de dollars, c’est la réserve en change de l’état ... algérien bien sûr et non pas marocain , cela n’empêche pas des émeutes de la faim d’éclater ça et là dans tous le pays(1) . Ceci est bien la preuve que ce qui manque pour faire le développement au Maroc, en Algérie et partout ailleurs, ce n’est point l’argent mais bien la liberté et la fin de la mainmise d’une minorité sur les richesses de tout un pays. Nous avons cité l’exemple de l’Algérie pour prouver aux ténors du régime marocain, qui ne ratent aucune occasion pour nous rappeler que le Maroc est un pays sans ressources et qu’il est à la merci du FMI, que ce n’est pas une question de manque de ressources mais bien une question de mauvaise distribution de ces ressources.
La question au Maroc, encore une fois, ce n’est pas le manque de ressources, elles sont là, on les voit tous les jours, soit aux mains d’étrangers, qui parlent du Maroc comme d’une vache à traire, soit aux mains de marocains qui traitent leurs concitoyens de la même manière hautaine que les étrangers, et qui pensent que la populace n’est de toute façon jamais contente, autant la maintenir dans la pauvreté et l’ignorance.
Les ressources sont aux mains de puissants cartels qui n’ont rien à envier au cartel de Medellin. Des phosphates à l’immobilier, en passant par l’industrie ou le tourisme, la clique makhzénienne ne veut céder aucune de ses prérogatives. Parler d’un partage des richesses nationales ou d’une redistribution des richesses est illusoire tant que cette minorité s’agrippe à ses privilèges avec beaucoup de cupidité, de lâcheté, de bassesse et d’égoïsme.
Car comment expliquer que certains ne savent plus quoi faire de « leur » argent, argent qui suffirait à enrichir des générations de leurs descendants alors qu’un marocain sur cinq vit à moins de 1 dollar par jour.
Comment expliquer que quelques familles hyper puissantes peuvent trouver le sommeil, alors que la misère noire sévit à leur porte, dans un pays qui se veut musulman.
Nous savons que les nantis, aussi riches soient-ils, ne vivent pas dans le bonheur, c’est impossible, Dieu (exalté soit- il) ne peut leur pardonner leur cupidité maladive, même si le commun des marocains se résigne à son sort, comme toujours, en attendant que la manne vienne du ciel et en regrettant qu’une certaine vision ne se soit encore réalisée.
En attendant des jours meilleurs, les immigrés (dont une grande partie de marocains) se font expulser d’Europe comme des malpropres et la nouvelle directive retour (la directive de la honte), votée par l’union européenne, n’émeut point les dirigeants marocains alors que des milliers de leurs ressortissants sont concernés. Les pays d’Amérique latine l’ont tous condamnée d’une seule voix alors qu’ils sont beaucoup moins concernés que nous.
Que fera-t-on quand des milliers de nos concitoyens (qui soutiennent tous une famille restée au bled) seront expulsés d’Europe et viendront grossir les rangs des chômeurs ?
Sûrement rien, car le régime trouve toujours qu’il est urgent de ne rien faire, il préfère attendre et voir venir, naviguer à vue, voici la devise de l’état makhzen même si c’est la plus mauvaise attitude à prendre face à la crise qui nous submerge, les évènement de Sidi Ifni l’ont bien prouvé.
Cette attitude qui a mené la majorité de la jeunesse marocaine à vouloir quitter le pays au prix de sa vie fait penser à cet unique habitant d’une île des Shetland (dénommée Forvik) qui a déclaré son indépendance du Royaume Uni et qui a décidé de se doter d’un drapeau et d’imprimer sa propre monnaie (2). C’est peut être ce qui arrivera au makhzen s’il refuse de lâcher du lest, il se retrouvera un jour tout seul au pays des merveilles, et dans ce cas, nous pouvons d’ores et déjà le prévenir du risque encouru. En effet, le journaliste qui a cité l’histoire (vraie) de cet indépendantiste solitaire le conseille en ces termes :
« On ne saurait trop mettre en garde ce mouvement indépendantiste contre les suites de la décolonisation. Apres avoir libéré le territoire, il ne faut pas emprisonner la démocratie. Les jeunes nations ont du mal à échapper à la balkanisation, à la corruption ou à la tyrannie. Sous sa tente, M. Hill (l’indépendantiste en question) est-il bien à l’abri d’une personnalisation excessive de l’Etat ? Saura-t-il partager le pouvoir avec lui-même, concilier son yin et son yang ? »
1- Argent de la rente pétrolière suite à l’envolée des cours du baril, voir l’article : « L’Algérie du boom pétrolier est en proie au désespoir social », journal Le Monde, édition du 21/06/08.
2- Même source, article intitulé « La décolonisation », par Robert Solé.
Publié le: samedi 12 juillet 2008






