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Par: Mohamed Lamri
Les élections législatives "démocratiques" au Maroc… Un bel avant-goût
Le régime marocain prépare de la plus belle manière les élections législatives du 25 novembre 2011, qu’il prétend "libres et transparentes", alors qu’elles interviennent, comme on le sait, après une constitution sur mesure, octroyée, imposée et conçue par lui-même.
Dans un système démocratique, l’opposition n’est pas seulement importante, mais elle est primordiale, nécessaire. Elle est le gage de la longévité d’une démocratie. Elle constitue une sorte de garde-fou contre les dérapages. Dans une démocratie, et tant que tout le monde, majorité et opposition, agit dans la légalité, on n’a pas besoin de réprimer les opposants. On n’a pas besoin de procès arbitraires contre les journalistes intègres qui s’acquittent, comme il convient, de leurs obligations. La démocratie garantit les libertés publiques, telles que la liberté d’expression, d’opinion et de pensée. Elle est plutôt synonyme d’égalité et de liberté pour tous.
On n’étouffe pas les voix dans une démocratie. On ne suspend pas les opposants de leurs fonctions pour leur opinion, ni pour leur appartenance politique ou syndicale. On n’a pas besoin de persécuter les formations politiques de l’opposition pour les faire plier. On les convainc par la justice, la transparence, le dévouement au pays et à ses intérêts. On n’a pas besoin de convoquer illégalement les opposants, pour les menacer et les soumettre à des interrogatoires sur leurs positions à l’égard d’élections dont le processus est faussé dès le départ. On ne les empêche pas d’encadrer les citoyens, de les sensibiliser et les appeler à adopter l’attitude qui convient dans une situation politique et sociale donnée.
En principe, une véritable démocratie ne souffre aucune injustice ni aucun dérapage politique, juridique, judiciaire, économique ou déontologique. En témoignent les démissions ou les procès habituels de hauts responsables incriminés d’abus quelconques, de négligence et parfois de simples fautes. Ce qui n’arrive presque jamais au sein des régimes totalitaires, comme dans plusieurs pays arabes.
Mais le régime marocain persiste dans ses manières et ses illusions de pouvoir tromper éternellement son peuple. Son ministère de l’intérieur, tristement célèbre par son passé de fraudeur, possède les pleins pouvoir du processus électoral, des listes électorales à l’annonce des résultats, en passant par une loi électorale barrant la route à toute majorité parlementaire qui permettrait la formation d’un gouvernement fort, homogène, représentatif et démocratique.
Ainsi, tout en sachant que cela ne rime pas avec démocratie, le pouvoir marocain veut absolument contourner les revendications de la quasi majorité du peuple, à travers une pseudo-réforme constitutionnelle et un processus électoral qui ne diffère en rien des précédents.
Depuis le déclenchement du mouvement de protestation dans le cadre du printemps arabe, le régime marocain emploie tous les moyens et les styles de répressions, d’intimidations et de persécutions contre l’opposition, notamment Al Adl Wal Ihsane et les composantes du Mouvement 20 février qui mène la cadence dans ces protestations. Les assauts des forces de sécurité contre les protestataires, l’utilisation des milices de délinquants, les assassinats de quelques militants, les invasions des domiciles sans appui judiciaire, les arrestations arbitraires, les convocations, les interrogatoires… Tout lui est bon pour arriver à mauvais escient à ses desseins.
Au peuple marocain, cette fois et plus qu’en 2007, de relever le défi et donner la preuve de son évolution.
Publié le: samedi 12 novembre 2011






