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Par: Hicham Benbrahim
Une crise de leadership
Aujourd’hui, plusieurs sont les personnes qui disent que la stratégie du gouvernement El Fassi est en phase avec les analyses et les recommandations des instances internationales. Tout d’abord c’est le premier ministre qui ouvre le bal à l’occasion de l’étude par le conseil du gouvernement du rapport confidentiel de la Banque Mondiale. Cette confidentialité qui ne peut aucunement faire changer d’avis le citoyen marocain qui vit la récession économique et l’exclusion sociale. Par la suite, c’est au tour de la ministre de la jeunesse et des sports de déclarer la même chose à la réunion tenue au parlement comme suite logique de la défaite humiliante de la sélection marocaine de football à la coupe d’Afrique « Ghana 2008 », accompagnée et précédée du gaspillage des deniers publics. Enfin, le ministre de l’éducation qui depuis sa nomination avait attesté que rien ne marche dans ce secteur et dont les propos ont été confirmés par le dernier rapport de la Banque Mondiale : « Un parcours non encore achevé : La réforme de l’éducation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord », qui classe le Maroc à la traîne du peloton.
Dire que la stratégie du gouvernement actuel est à l’avant-garde équivaut au geste de l’autruche qui cache sa tête dans le sable alors que tout son corps est exposé. De même, parler de la stratégie sans un diagnostic et une véritable décortication de la réalité serait une fuite en avant vers les prochaines élections pour ne pas dire une utopie.
Sans tarder sur la réalité amère et la distribution des fruits de la croissance économique en faveur des tenants des capitaux, les véridiques interrogations que se pose le citoyen comme moi sont les suivantes : a-t-on des stratèges ? De quelle stratégie gouvernementale parle-t-on ?
Il est légitime dans le contexte marocain actuel, marqué par la sclérose et le marasme, et face à un gouvernement hybride de rappeler le contenu de la stratégie. Cette dernière n’est pas des slogans à la mode, ni des pansements pour camoufler des tumeurs malignes, ni non plus un document élaboré à la hâte et révisé en moins d’un mois pour avoir l’approbation du parlement. Loin de là, la stratégie, comme elle est enseignée et pratiquée, est un processus décisionnel débutant par l’analyse des forces et faiblesses du système pour justement mettre à jour les atouts ; suivi d’un benchmarking permettant de délimiter le champ des possibilités et choix et la dernière étape serait la prise de la décision optimale qui respecte les moyens disponibles ou dont on peut disposer. Bien évidement, dans toutes ces étapes les issues de secours ne doivent pas être bloquées pour permettre la rétroaction.
Par ailleurs, la stratégie est l’Suvre de stratèges visionnaires qui acceptent la critique constructive et font participer tout le monde au processus décisionnel ou au moins les connaisseurs. C’est à ce stade du choix des hommes stratèges que se pose la question du leadership. Il faudra savoir distinguer entre un gestionnaire, un manager et un leader. Le premier se contente de faire fonctionner le système en appliquant les règles préétablies ; le second quant à lui essaye de surpasser les contraintes en proposant des solutions novatrices et le dernier est un mobilisateur et meneur d’hommes suivant une vision claire et partagée.
Si nous avons souligné l’exact contenu de la stratégie et du leadership, c’est pour livrer au lecteur les outils nécessaires pour qu’il puisse répondre lui-même aux interrogations posées ci-dessus. Néanmoins, notre propre conclusion est la suivante : depuis l’indépendance, chacun des gouvernements qui se sont succédés dressait un bilan accablant sur les réalisations de son prédécesseur et croyait détenir la baguette magique qui permettra de transformer en cinq ans de pouvoir des décennies d’appauvrissement. La continuité dans le temps des actions bénéfiques en faveur du simple citoyen est une valeur sûre. C’est pourquoi la recherche des solutions au problème multi-faces du Maroc devra se faire sur le terrain du leadership. Ce n’est pas les sièges qui comptent ni la défaite des homologues & le plus important c’est de gouverner le navire vers le bon port.
Publié le: mercredi 13 février 2008






