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Résumé du Minhaj Nabaoui (méthode prophètique)
1- Présentation
Toute action dépend du savoir et c'est d'une vision claire et complète que dépend la réussite de tout projet. Ceci est d'autant plus vrai quand ce projet vise à sortir la nation de son arriération tant civilisationnelle, qu'intellectuelle, morale ou militaire, pour devenir une nation forte et unie, et passer ainsi de l'égarement à la raison.
Tous les musulmans actifs soucieux du devenir de la nation tiennent - du moins théoriquement - à démontrer que le Coran et la Sounna sont nécessaires pour le changement.
Les croyants, visés par : "Ô vous qui avez cru", reçurent une éducation du prophète, et acquirent, de ce fait, sur le même pied d'égalité, le plus haut degré de volonté, de résolution et de dévouement à Dieu. Ils se sont unifiés dans une compréhension parfaite des préceptes divins si bien que le livre saint devint leur constitution qu'ils appliquaient d'une très bonne volonté, et avec une connaissance et une compréhension parfaites sous l'œil vigilant du prophète.
Une communauté présentant de telles dispositions s'avère, de nos jours, inexistante. De même, l'unificateur qui protège des fautes n'est plus, la prophétie ayant disparu. Même les appels au changement se contredisent, la volonté d'agir et les degrés de réceptivité des préceptes divins étant disproportionnés.
A tous ceux qui admettent que Dieu est leur seigneur, que le Coran est leur constitution et que Mohammed est leur messager, nous disons : Oui au Coran et à la Sounna, mais avec quelle volonté et selon quelle vision?
La coordination de la volonté et de la raison pour l'exécution d'un plan d'action qui tient compte de la promesse de Dieu, et qui suit la voie tracée par le coran et la Sounna, est un terme coranique Alminhaj (la Méthode) que certains désignent par : " programme d'éducation".
Pour nous, en des termes plus clairs, le programme est une liste détaillée et pratique (programme d'enseignement, programme de gouvernement, programme d'économie). Alors que « la méthode », c'est une manière d'agir. Par où commencer et comment ? Comment utiliser les moyens pour réaliser les objectifs et atteindre notre but?
Il y a une différence notoire entre nous et les civilisations non musulmanes. Certes, les moyens humains et matériels sont les mêmes, mais les objectifs et la missions diffèrent. Dans les deux camps, l'homme est le même, mais le facteur de la foi intervient chez le croyant et dans la communauté des croyants et provoque une transformation psychologique. Ceci leur donne un avantage sur les mécréants et les hypocrites à condition de se préparer pour être forts intellectuellement, techniquement, sur le plan pratique et organisationnel.
En parlant de « La Méthode » nous pensons au moyen de permettre à cette nation sous-développée de se relever et de retrouver sa dignité. Et ce grâce à l'éducation d'une génération croyante à même de bâtir une civilisation musulmane distinguée qui défend la vérité divine, et porteuse du message céleste à l'humanité.
En ignorant l'appel Divin, les musulmans méritent le sous-développement civilisationnel. Ils se trouvent alors gouvernés par des indignes qui dilapident les biens des musulmans.
La méthode du Prophète qui promet la ré-instauration du Califat, selon le « Hadith authentique », est la seule façon qui permet aux musulmans de retrouver le sens du message qu'ils devront incarner et sauver ainsi le monde. Ceci commencera par l'éducation du croyant, puis l'édification d'une société islamique qui supplantera progressivement la société inique pour aboutir enfin à un Etat islamique.
La méthode du Prophète veut que tous les préceptes divins soient appliqués progressivement mais sans falsification, ni subterfuge.
2- Foncer sur les sommets
Pour exposer notre vision de la méthode prophétique, prenons comme point de départ la sourate de la cité (sourate Al balad), où Dieu, glorifié soit son nom, s'adresse à l'homme, à tout homme, l'invitant à venir à Lui, en fonçant sur les sommets.
Notre vision se base, concernant la méthode prophétique, sur le Coran, Sourate El Balad (la cité). Dans ce chapitre du Coran, Dieu, glorifié soit son nom, s'adresse à l'homme, à tout homme, l'invitant à franchir l'obstacle vers lui : "Nous avons crée l'homme pour qu'il mène en permanence un combat pénible". "Qu'il brave donc l'obstacle. Et qu'est-ce que l'obstacle? Affranchir un esclave ou nourrir un jour de famine un proche parent, orphelin ou miséreux couchant à même la terre. Puis, être ensuite de ceux qui ont cru et qui se sont recommandés la patience et se sont recommandés la miséricorde".
Quand il oublie Dieu, l'homme souffre. Il ne trouvera son remède, son repos et son bonheur que grâce à sa croyance en ayant la conviction que derrière cette vie pleine d'épreuves ici-bas, existe une vie de bonheur et d'abondance dans la vie dernière. Il suffit d'œuvrer dans ce sens en affranchissant un esclave- au sens large du terme-, en nourrissant l'orphelin et le miséreux, ce qui constitue un vaste programme. Puis en rejoignant le rang des croyants, ceux qui forment le centre de la nation, auxquels s'adressent la Charia dans le Coran et la Sounna.
La méthode coranique du prophète s'adresse à l'homme, l'appelant à renouer avec Dieu à se hisser de l'Islam vers la foi, puis vers la spiritualité.
Notre action méthodique fait du lien du croyant avec Dieu, de sa passion pour lui, de sa peur entre ses mains, de ne compter que sur lui et de mourir pour sa cause, l'axe de l'œuvre entière sur le plan éducation, organisation ou d'action.
Toute organisation, dite fondée au nom de l'Islam, risque d'être minée par la convoitise des postes de responsabilité si elle n'est pas immunisée par la purification de l'âme... La crainte de Dieu et la modestie constituent donc la base de notre action. Toutes les autres considérations viennent après. Il est vrai que le savoir et la réflexion revêtent une importance majeure, mais les liens qui unissent les croyants, basés sur la foi demeurent essentiels.
Le Djihad est le point culminant de l'Islam. Or, seul le croyant aspirant au degré de la spiritualité et le musulman empruntant la voie des affluents de la foi peuvent l'accomplir.
3 - Les affluents de la foi
Le Minhaj est une voie qui mène à Dieu. Et le moujahid (combattant pour la foi), le vrai, est celui qui persévère dans le combat jusqu'à ce qu'il soit admis par Dieu dans la liste des élus, ceux qui sont parvenus à avoir la foi parfaite. La Sounna fait état d'un recensement des exemples de vertus qui rendent parfaite la foi des musulmans.
Le Prophète a dit : " La foi se compose de soixante-dix et quelques affluents (chez El Boukhari : soixante et quelques affluents). Mouslim ajoute : le plus haut, c'est de dire : il n'y a de Dieu que Dieu et le plus bas, c'est d'écarter le mal de la voie publique et la pudeur est un affluent de la foi".
Dans notre littérature les affluents de la foi sont classés selon un ordre particulier qui correspond à un plan d'action visant l'éducation, l'organisation et le Jihad.
Ceci correspond à une vision globale grâce à ce que nos saints ancêtres nous ont légué qui nous conduit à ce résultat : Dix vertus essentielles sous-tendant chacune un affluent de foi. Et ce, selon un ordre progressif, non pas hiérarchique mais de complémentarité, puisqu'elles aboutissent à "Il n'y a de Dieu que Dieu". Cette dernière phrase - est le point culminant dans l'Islam, quand elle se fonde sur la croyance, la connaissance, l'action et le Jihad.
Première Vertu : AsSohba et la Jamaa
La Sohba et la Jamaa (compagnonnage et association) concerne la formation de la personnalité et l'édification de la civilisation islamiques selon des rapports de fraternité, coopération et d'unité prônées par la méthode du Prophète.
Cette vertu, à laquelle sont liés treize affluents, décrit le climat humain général qui doit régner dans la société musulmane et qui doit orienter l'économie islamique. Elle recommande l'établissement de liens de fraternité entre les musulmans, une fraternité qui naît de leur amour à tous pour Dieu et son messager.
La présence permanente du prophète parmi ses compagnons les a distingués pour deux raisons : le modèle vivant du prophète était unique en son genre et la révélation était là pour le soutenir. Ses héritiers les Oulémas engagés et les saints assurent la relève. Car des cœurs purs jaillissent la lumière de la foi, et de la spiritualité dont s'imbibe le corps de la nation par le compagnonnage et l'éducation.
La personnalité mystique est le produit d'une éducation. Or, toute éducation commence par une rencontre, puis une Sohba (un compagnonnage), puis une imitation du modèle vivant à travers l'imprégnation psychologique, affective, intellectuelle et par la conduite. D'où la nécessité de l'éducation de la personnalité mystique combattante en commençant par la Sohba au milieu de la Jamaa (association) et en finissant par l'apparition des capacités de combat sur le terrain. C'est ce qui explique que la Sohba et la Jamaa soient en tête de la liste des vertus et le Jihad à la fin.
Deuxième vertu : le Dhikr
L'esprit de l'éducation islamique est la purification de l'âme par le Dhikr (invocation). "N'est ce pas, grâce au Dhikr d'Allah que les cœurs plongent dans la quiétude?". "Il n'y a de Dieu que Dieu" est une méthode de vie.
Pour nous, Dhikr Allah ne consiste pas uniquement à répéter "Il n' y a de Dieu que Dieu" ainsi qu'il est mentionné dans le Hadith. Il faut le prendre aussi en tant que comportement individuel et collectif dans tous les domaines, notamment là où le droit positif a supplanté la loi divine.
Douze affluents découlent de cette vertu.
Troisième vertu : le sidk = la bonne foi
La foi (Onze affluents figurent au sein de cette vertu), c'est à la fois une articulation, une conviction et une action. Elle est le fruit d'un cœur croyant, d'une idée exprimée, force motrice.
L'hypocrisie, la bassesse occupent une grande place dans le les sociétés où règne l'ignorance et la violence. En éduquant la personnalité islamique il faut distinguer les sincères des menteurs. Tout musulman voulant rejoindre les rangs, doit présenter la preuve de sa sincérité avant d'être considéré comme membre de l'association des musulmans.
Tout individu qui prétend croire en Dieu et en le jugement dernier doit donner, après le compagnonnage des croyants et la participation aux réunions du Savoir et de la foi, la preuve de sa bonne volonté, de sa loyauté pour rallier celui des moujahidines.
Quatrième vertu : le don
L'équité est la loi de Dieu dans la société musulmane, de même, le don fraternel et le bénévolat caractérisent la société Islamique.
Nous insistons beaucoup sur l'équité comme objectif socio-politique, car beaucoup de fidèles le passent sous silence étant donné que c'est une évidence en Islam.
La répartition des revenus ne relève pas des paroles moralisatrices individuelles mais plutôt d'une revendication politique et sociale principale des musulmans au niveau national, puis au niveau international.
Les affluents de cette vertu sont cinq.
Cinquième vertu : le savoir
Au niveau de l'éducation, les vertus de la foi progressent d'une Sohba intégrant l'individu dans l'association combattante des musulmans - ce qui lui permet de s'imbiber de la foi (de la Sohba dans la vie quotidienne à la Sohba céleste). D'où la démarcation des menteurs et des hypocrites et grâce au don, l'avarice se dissout et l'âme devient généreuse.
Mais le savoir est la lumière qui éclaire le chemin, c'est-à-dire, la connaissance de la vérité inspirée du Livre et de la Sounna du prophète avant les sciences universelles qu'il convient de considérer à leur juste valeur.
Nous croyons au Hadith de Abdellah Bnou Omar, bénis soient-ils qui dit :"Nous eûmes la foi avant le Coran et vous, vous eûtes le Coran avant la foi, vous vous en débarrassez comme on en fait des mauvaises dattes".
L'association Islamique a besoin de réunir des gens compétents au niveau intellectuel et technique pour assumer la responsabilité de l'Etat dans une phase ultérieure parallèlement à l'objectif de l'éducation et de la réunification.
L'acquisition de la technologie est un objectif principal pour la nation, mais le savoir utile, c'est celui de la vérité contenue dans le Coran et la Sounna qui décrit l'homme et son devenir après la mort, qui décrit le chemin qui mène à Dieu, à son agrément, à son paradis et l'incite à s'y engager. Les autres sciences restent facultatives mais en dépend aussi la nation. La connaissance de la vérité jaillissant du livre et de la Sunna représente une âme sans muscle si on ne prend pas en considération les causes de la puissance en mobilisant les connaissances universelles, les perfectionnant pour servir nos objectifs et notre finalité.
Les affluents de cette vertu sont six.
Sixième vertu : l'action
Le Djihad est un combat de guerre, un combat pour la construction et l'action. La personnalité Islamique doit pouvoir travailler grâce à ses compétences. Mais la réussite du soulèvement Islamique (kawma) dépend de la mobilisation du peuple pour participer à la construction d'une façon engagée et bénévole.
L'échec répétitif des gouvernements mécréants les conduit inévitablement à la faillite matérielle et morale. Mais l'alternatif Islamique ne sauvera le navire que s'il éveille dans la nation un enthousiasme continu pour mettre en place une nouvelle ère et par la restauration d'une économie en complète interaction avec la marche générale de l'éveil islamique.
Dans une société islamique en train de construire ses assises, il est nécessaire de réhabiliter le travail et le travailleur et leur rendre leur dignité. Il faut mettre fin à l'exploitation du capitalisme du travail comme il faut endiguer les prétentions communistes basées sur l'indignation des travailleurs exploités.
Les affluents de cette vertu sont sept.
Septième vertu : le paraître
La personnalité islamique doit se distinguer par son paraître et son fond, il en est de même pour la société musulmane. L'Etat musulman aussi doit se distinguer sur terre, témoignant du comportement des hommes dans ses valeurs, dans ses styles et dans toutes les apparences de sa civilisation; dans ses devises et ses formes d'activités.
Toutes les apparences de la civilisation doivent se soumettre aux règles de la Charia.
Les affluents de cette vertu sont huit.
Huitième vertu : la constance
Nul doute que la maîtrise de soi, sa domination et son contrôle pour s'abstenir afin de ne pas commettre d'interdit est l'un des objectif des préceptes de la Charia. L'étouffement de l'égoïsme hégémoniste se réalise par l'éducation grâce au Dhikr Allah et la Sohba des fidèles et par l'application de la sanction préconisée par Dieu au niveau de la société. La discipline dans l'éducation et dans l'application des sanctions est l'épée morale, qui, toutes deux réunies, font bon ménage dans la nation, perdue entre l'injustice du gouvernant et la trahison des Oulémas des sérails .
Les affluents de cette vertu sont huit.
Neuvième vertu : le cheminement et l'économie
Le terme prophétique, "iqtissad" indique le sens de « cheminement », et suppose deux sens : le premier, visé dans les Hadiths signifie le juste milieu dans les biens de ce monde et le renouvellement de l'orientation vers Dieu et la vie dernière. Le second renvoie au concept moderne celui de gérer les affaires de la vie matérielle. Il n'y a pas lieu ici de parler de la propriété et de sa place dans l'économie islamique.
Nous parlons seulement de la nécessité de l'éducation islamique disciplinée pour sortir du tourbillon de l'économie de mécréance et de mal- gouvernance qui pousse à la production et à la consommation.
Il est nécessaire d'avoir une production d'autosuffisance et une industrie libérée et promue par la coopération des nations musulmanes en attendant l'Etat Islamique mondial. Le but de l'éducation dans ce domaine, c'est de préparer une génération dont le seul souci sera Dieu -glorifié soit son Nom -qui ne gaspille pas à la manière des mécréants. Son seul souci, l'agrément de Dieu, alors il combat pour produire, pour le compte de sa nation; son souci, c'est le paradis dans la vie dernière, alors, il contribue à la construction de l'économie autosuffisante pour sa nation sur terre.
Quant à l'objectif économique, social et politique dans ce domaine, il consiste à modifier la composition des structures économiques et sociales existantes, qu'elles soient capitalistes ou communistes, de façon à les adapter à la vision islamique, découlant du concept islamique. Dieu a mis entre nos mains cet argent et ces énergies pour que nous ne soyons pas injustes les uns envers les autres. Il veut qu'on soit juste, qu'on donne et qu'on réunisse les causes de la force avec la science technologique, l'industrialisation, l'autosuffisance alimentaire, l'indépendance financière totale des autres.
Trois affluents font partie de cette vertu.
Dixième vertu : le jihad (le combat)
Nous voici donc, après avoir acquis les vertus de la foi relatives au cœur, au savoir et à la pratique, le combat le plus grand est celui qui consiste à dompter continuellement le moi pour qu'il abandonne son attachement au monde ici-bas. L'autre, le plus petit est le combat de l'ennemi.
Quant au Djihad (combat) global, il consiste en la maîtrise de la crise du pouvoir, de l'économie, de l'éducation et de tous les détails de la vie par la personnalité islamique compétente.
Cette aspiration est un combat; la souffrance des problèmes hérités de la mécréance et de la mal- gouvernance est un combat, le plus important. Le fruit du combat des hommes de ‘appel à Dieu est l'édification de l'Etat islamique, la mise en place du Califat selon la Méthode du prophète. C'est à ce Califat que s'arrête la marche du mouvement islamique. Mais ce ne sera pas un Califat selon la méthode du prophète si la personnalité islamique mystique n'est ni éduquée, ni organisée, ni mobilisée suivant la méthode globale du prophète, complète et globalisante des affluents de la foi.
Cinq affluents sont rangés dans cette vertu.
Nous avons exposé le plus brièvement possible, les grandes lignes de la Méthode du Prophète comme nous la concevons. Nous l'avons résumée pour faciliter sa compréhension.
Prière et salut sur notre Prophète Mohammed, ses descendants et tous ses compagnons.
Publié le: vendredi 28 juillet 2006






