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Par: Mohamed Elhadi
Manifestations 20 mars : responsabilité, citoyenneté et grand courage !
« C’est révolu, le temps des constitutions octroyées ! », « A bas les fausses sacralisations ! », « On lâchera jamais ! », « Le peuple veut faire tomber le despotisme ! »,…
Ce sont-là quelques exemples de slogans scandés haut et fort par les manifestants du 20 mars. Le makhzen aura sûrement besoin de beaucoup de temps et de force pour faire face au choc psychologique qui s’en est suivi. En effet, il a cru qu’après le discours du roi, promettant quelques retouches apportées à une constitution vétuste, le peuple n’aura pas grand-chose à revendiquer. Le roi a parlé, le roi a promis, le peuple n’a alors qu’à dormir sur ses deux oreilles !
Du côté des partis politiques faisant le jeu du makhzen, c’est encore plus de temps et de force dont ils auront besoin pour comprendre comment une « poignée de jeunes » de Facebook ont pu forcer le makhzen à revoir la copie de sa constitution séculaire. Plus étonnant encore, c’est que ces jeunes n’ont pas bien accueilli les réformes promises les jugeant très en deçà de leurs attentes. Ce sont, pour les partis politiques au parlement, des séquences surréalistes qu’ils sont en train de voir défiler la bouche grande ouverte. Eux qui tournaient mille fois la langue dans la bouche avant de pouvoir laisser entendre, avec un langage confus, que la vieille constitution a besoin de quelques liftings. Et ce après avoir reçu le « feu vert » des hautes instances pour s’essayer à cet exercice politique périlleux. Et surtout gare à ceux qui mettent la barre un peu plus haut ! Ils s’attirent les foudres des ces hautes instances et vont droit au suicide politique.
Côté jeunes du 20 février, c’est avec une aisance spontanée et un courage inédit qu’ils proposent tout bonnement de mettre la constitution dans la poubelle de l’histoire. Ils se disent offensés par ces fameux articles qui font cumuler tous les pouvoirs dans la main d’une seule personne déclarée sacrée, hors de toute imputation et dont les propos sont indiscutables. Ces jeunes rappellent au makhzen, en ironisant, qu’on vit au troisième millénaire et non pas au Moyen Age !
Le 20 mars, ce makhzen a tenté une nouvelle tactique envers ces manifestants. Il a décidé de retirer toutes ses forces de répression de la rue espérant voir dégénérer ces mouvements de protestation en actes de vandalisme. Il aurait ainsi pu discréditer le mouvement et intervenir en tant que garant de la sécurité, protecteur des citoyens contre ces fauteurs de troubles. Peine perdue ! Toutes les manifestations, ayant mobilisé des centaines de milliers de personnes dans plus de soixante villes marocaines, se sont déroulées dans un calme exemplaire. A ce propos, tous les observateurs sont unanimes. Aucun acte de violence, aussi minime soit-il, n’a été enregistré. Le message fut des plus forts : le peuple marocain est assez mûr et responsable pour mener son combat vers l’Etat de liberté et de droit.
C’était, on peut bien l’imaginer, sidérant pour le pauvre makhzen. Lequel se trouve confronté à une question aussi pressante que dérangeante : qui est alors le vrai responsable des incidents qui ont émaillé les manifestations du 20 février et où les forces du makhzen étaient présentes ? Plusieurs organisations et acteurs associatifs pointent du doigt les sombres manœuvres du makhzen. L’histoire le prouvera certainement.
Publié le: jeudi 31 mars 2011






