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Par: Hicham Benbrahim
Au-delà de la réforme constitutionnelle
Bienvenue 2011 ! Voilà que l’air frais du tsunami des peuples arabes ouvre de nouvelles voies dans les poumons compressés de ceux qui aspiraient à vivre dans un monde meilleur. Les épisodes de ce feuilleton basé sur des faits réels se poursuivent et le Maroc n’a pas fait exception. En effet, le 20 février 2011 a constitué un tournant décisif après une décennie pleine d’espoirs. Certes, les vagues populaires marocaines n’occupent pas en continu les places publiques, mais elles sont toujours là et se manifestent à l’appel des coordinations issues du terrain.
En réaction et afin de contrecarrer le fait que les vagues déjà citées prennent une amplitude menaçante, les détenteurs du pouvoir au Maroc -aidés par leurs stratèges- ont pris certaines mesures dont on peut citer : l’installation du Conseil Economique et Social prévu dans la constitution depuis des décennies, l’absorption de quelques diplômés supérieurs chômeurs dans la fonction publique, l’augmentation des crédits alloués à la Caisse de Compensation de 15 milliards de dirhams, … et comme clé en main un projet de réforme constitutionnelle fondée sur sept piliers à l’horizon de juin 2011 dont les rounds d’écoute des sélectionnés sont en cours.
Sans préjugés et sans entrer dans les détails des tenants et des aboutissants de la réforme constitutionnelle prévue (son origine, sa profondeur, sa démarche, ses métronomes, son aboutissement, ses textes et mesures d’application, etc.), nous considérons que la base même de l’édifice n’a pas encore été soulevée, à savoir : le projet de société souhaitée. Ce dernier a pour mission principale de consolider les positions prises des différentes forces sociales concernant 3 axes : la conception sociologique de l’Homme, les valeurs de la société et les finalités à atteindre.
Bref, c’est au prix d’une concertation sur un projet de société que l’on peut véritablement avancer et non en préservant les garde-fous et en maintenant le paradigme politique dominant inspiré des coutumes séculaires sultaniennes. En d’autres termes, la véritable voie constructive de changement c’est d’inscrire toute réforme, aussi profonde qu’elle soit, dans un véritable projet de société qui met la liberté de l’Homme au centre des préoccupations, qui défend les valeurs de partage, d’amour et de coopération et qui a pour finalités le bien être matériel et spirituel de toute la population.
Les mots ainsi soufflés trouveront certainement quelques oreilles qui écoutent la voix de la raison et du cœur, à un moment où des figurants médiatisés sur les chaînes publiques marocaines (y compris certains facebookers) ont mordu à l’hameçon constitutionnel et ont préféré rester des assujettis en plaidant, pour les audacieux d’entre eux, une monarchie parlementaire.
Publié le: mercredi 30 mars 2011






