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Par: Abdelali Bouha

Le peuple marocain rompu par la flambée des prix

Nul n’est sans savoir que la situation financière et matérielle d’une grande frange de la société marocaine est vraiment lamentable. La flambée des prix des denrées essentielles dont, entre autres, la farine, le pain et l’huile, a brisé la situation économique très vulnérable de la majorité des familles qui s’agitent et se débattent pour vivre finalement comme entre le marteau et l’enclume. Egalement, tout le monde a remarqué que les prix des fournitures scolaires étaient exorbitants lors de cette rentrée scolaire, fardeau toujours difficilement incontournable, notamment pour les familles nombreuses pour lesquelles les frais de scolarité demeurent bien au-dessus de leurs moyens. Quelle vie ! Quelle souffrance ! La pauvreté et la misère prolifèrent massivement dans notre pays. Quelle crise ! Le peuple est écrasé. Quand est-ce qu’il sera soulagé ? Peut-on s’attendre à une révolution populaire contre cette crise économique qui frappe sans répit notre société ?

En 1981,1984 et en 1990 le peuple a réagi et des émeutes de pain, violentes, se sont déclenchées dans différentes régions du pays faisant des victimes et beaucoup de dégâts.

Le 23 septembre 2007, la ville de Sefrou a donné un premier message au gouvernement. Des manifestations populaires et des émeutes de pain se sont déclenchées dans cette petite ville faisant des dizaines de blessés et des dégâts matériels importants. Elles ont lancé au gouvernement un cri d’alerte : Cessez de nous exploiter ! Nous sommes écrasés mais nous n’allons pas rester les bras croisés. Ça y est, nous n’avons plus peur de rien.

La misère est devenue partie intégrante de notre vie quotidienne.

Si l’on s’amuse à faire un sondage dans la rue en posant cette question aux passants : Etes-vous pour ou contre cette flambée des prix au Maroc ? L’on aura bien sûr des réponses qui sont archi-contre et qui constituent un front de refus. Je ne tiens pas là des propos tendancieux, je n’exhorte le peuple ni à l’anarchie ni à la violence .Tout ce que je prône c’est le dialogue. Le proverbe dit « De la discussion jaillit la lumière ».Nous avons certes, tous besoin de cette lumière qui éclairera les ténèbres du chemin de notre société pauvre et opprimée.

Il est donc temps que les composantes de la société civile recourent à un vrai dialogue qui se fixera comme objectifs une analyse objective de la réalité marocaine et l’approfondissement des différents points de vue .Ainsi, ledit dialogue aboutirait-il à un pacte qui protègera et défendra les droits de tous les marocains. La société civile est alors appelée à se mobiliser afin d’obliger le gouvernement à adopter une politique économique qui tient compte de la situation financière de la classe moyenne pauvre et misérable. Il n’est pas question de rester les bras croisés puisque la menace est démoniaque. Il ne faut pas non plus craindre l’échec car il n’est pas besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer.

Il y a eu dans l’histoire contemporaine nombre de manifestations populaires qui ont pu obliger des gouvernements à prendre des mesures en faveur du peuple. Il est indispensable que tous les acteurs politiques et associatifs oeuvrent dans ce sens.

Publié le: jeudi 18 octobre 2007