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Par: Mohamed Chbani
La révolution à l’heure de la jeunesse
Bill Gates, personnage éminent et modèle de réussite pour l’opinion publique occidentale et pour la génération numérique, a été interrogé en marge du meeting de Davos – grande messe des argentiers de la planète– par un journaliste très laïque ; le journaliste lui a demandé ce qu’il pensait de ce que faisait la jeunesse tunisienne et égyptienne et en filigrane s’il avait des conseils à leur donner.
Le journaliste issu d’un pays très laïque évoquait implicitement la révolution de la jeunesse de ces deux pays arabes et son refus des régimes dictatoriaux soutenus à bout de bras par les occidentaux.
En fait, on comprenait à travers la question du journaliste qu’il faisait allusion au fait que la jeunesse arabe en faisant la révolution et en sympathisant avec les « islamistes » devenait rétrograde et n’adhérait pas à l’ « American way of life », à la réussite à la Bill Gates et à toutes les « valeurs » de la société occidentale.
Il faudrait alors, si on suit ce raisonnement, que la jeunesse arabe choisisse entre des « dictateurs modèles » adoubées par l’occident avec l’espoir d’accéder au niveau de vie de l’européen moyen ou de l’américain moyen et entre le retour au giron des « méchants obscurantistes rétrogrades » islamistes qui sont comme par hasard les gens les plus intègres, les plus ouverts et les plus démocrates qu’a connu la scène politique arabo-musulmane ces dernières décennies ( cf. cas de la Turquie).
Donc, une question simple : Que veut la jeunesse dans les pays arabo-musulmans ?
Réponse à deux options : 1e option : la dictature modèle plus ou moins moderne
2e option : la démocratie à relent islamiste.
Le journaliste très laïque a peut-être oublié en posant sa question que les instigateurs de la révolution du Jasmin et les manifestants de la place « Attahrir » (La libération, tout un symbole), s’étaient donné rendez vous sur internet, donc ils ne sont pas aussi « déconnectés » que ça et ils ne refusent pas certains aspects de la civilisation occidentale.
S’ils sont pour certains sympathisants islamistes, s’ils ne veulent pas vivre à l’américaine, s’ils ne veulent pas renoncer à leur identité ni à leur spiritualité, peut-on le leur reprocher du moment qu’ils réfutent la violence et comme on dit « le cœur a des raisons que la raison n’a pas », n’est-ce pas la liberté de choix et de culte selon les « valeurs occidentales » ?
Le choix qu’on veut faire imposer à cette jeunesse à savoir des dictateurs garants de stabilité (pour qui ?) ou le chaos, n’est-ce pas une façon de leur faire une proposition qu’ils ne peuvent pas refuser à la manière du « Parrain » de Coppola.
Il est à rappeler que les dirigeants des régimes des pays arabes de ces dernières décennies n’ont accumulé que des échecs que ça soit sur le plan intérieur ou extérieur.
Sur le plan intérieur, ils ont échoué à garantir à la population un niveau de vie décent (à cause de la corruption endémique corollaire de la tyrannie), et sur le plan extérieur toute la nation arabe court de déshonneur en humiliation cuisante quant aux dossiers internationaux (affaire palestinienne en premier).
Nous ne finirons pas sans vous citer la réponse du milliardaire numérique qui s’est converti en mécène humaniste défendant la veuve et l’orphelin. Bill a répondu : « They want jobs », « Ils veulent du boulot ».
Nous ajoutons que la jeunesse est sortie à cause du pain et du boulot mais il n’y pas que ça, il y a aussi et surtout la dignité, l’honneur, le respect…
Réponse du berger à la bergère, un ex-footballeur égyptien sur le retour converti en partisan pro Moubarak scandait sur une chaine privée à ceux qui voulaient l’entendre :
« Qu’avez besoin d’argent, les gens riches ne sont pas heureux, ils ont beaucoup de maladies, le diabète, le cholestérol », il vaut mieux être miséreux et heureux en quelque sorte.
Avez-vous compris maintenant pourquoi la jeunesse égyptienne est « sortie de ses gonds », et pourquoi Moubarak qui serait à la tête d’une fortune de 70 Milliards de Dollars* a tant de soucis de santé ?
* Bill Gates fondateur de Microsoft et plusieurs fois élu 1e Milliardaire de la planète par le magazine Forbes n’en a que 45 à 50.
Publié le: samedi 26 février 2011






