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Par: Elmiloudi Mouftadi

Les actes ne valent que par les intentions et à chacun selon son dessein

"Les actes ne valent que par les intentions et à chacun selon son dessein. Celui qui émigre pour Dieu et Son envoyé, son émigration lui sera comptée comme étant pour Dieu et son envoyé. Tandis que celui dont l'émigration a pour but d'acquérir des biens de ce bas monde ou d'épouser une femme, son émigration ne sera comptée qu’en rapport avec ce pour quoi il a émigré." Ce hadith est rapporté par l’éminent compagnon Abou hafs Omar ibn El khattab, béni soit-il.

Ce hadith représente une grande importance dans la vie des musulmans. Il met en accent une condition tellement déterminante, dans l’accomplissement des faits, que, selon le cas, le sens ou le résultat s’en trouvent changés ou même inversés. En effet, il s’agit de s’assurer des objectifs, des finalités de nos actes avant de les accomplir. Dans l’islam, on ne badine pas avec les actes. Il nous est demandé de lier tout ce que nous faisons ou ce que nous ne faisons pas avec Dieu. Autrement dit, quand je fais quelque chose ou que je m’abstiens de le faire, c’est parce que Dieu me demande ou m’interdit de le faire ; ou parce qu’Il aime que je le fasse ou ne l’aime pas. Quand j’agis d’une certaine manière, je dois me dire : pourquoi je le fais ? Pour le compte de qui ? A quel résultat je dois m’attendre ?

Tous nos actes doivent être voués à Dieu. Il est unique et n’aime pas le partage. Dis : il m’a été ordonné d’adorer Dieu en Lui vouant exclusivement le culte.﴿ , nous apprend le Coran, dans le verset n°11, dans la sourate Azzoumar ; Dis : c’est Dieu que j’adore en Lui vouant exclusivement le culte. ﴿ , verset n°12 dans la même sourate.

On pourrait se demander comment l’homme peut-il manquer à ce précepte d’exclusivité dans son adoration pour Dieu. Eh bien, c’est très simple. L’homme qui fait tel ou tel acte avec le souci d’être remarqué par les autres manque nécessairement à l’exclusivité exigé par Dieu. Plus grave encore est le cas de celui qui agit contre la volonté divine pour satisfaire une personne aussi faible que lui, en tant qu’être humain, qui ne peut lui être d’aucun secours. L’individu qui agit de la sorte procède à l’adoption d’un associé avec Dieu, commettant ainsi le pêché le plus impardonnable. Ecoutons ce qu’en dit le Coran : Dieu ne pardonne pas qu’on Lui associe quoi que ce soit. Et Il pardonne tout le reste.﴿ C’est donc un péché tellement grave qu’il devient impardonnable. Lui associer quelqu’un ou quelque chose, c’est déifier ce quelqu’un ou ce quelque chose. Le plus souvent, on cherche à plaire à une personnalité importante, à la conquérir pour aboutir à un avantage d’ordre matériel ou moral. Au lieu d’invoquer Dieu, le Tout Puissant, on invoque des êtres humains comme nous. On oublie dramatiquement qu’on ne peut réaliser ou obtenir que ce que Dieu veut bien nous octroyer ; Le problème vient du fait de croire que l’homme peut faire quoi que ce soit pour son prochain. Or, il est incapable d’être utile pour soi-même, comment penser qu’il pourrait l’être pour les autres ? Ecoutons le Coran nous éclaircir avec perfection ce point précis : Ô hommes ! Une parabole vous est proposée, écoutez-la : ceux que vous invoquez en dehors de Dieu ne sauraient même pas créer une mouche, quand même ils s’uniraient pour cela. Et si la mouche les dépouillait de quelque chose, ils ne sauraient le lui reprendre ; le solliciteur et le sollicité sont aussi bien faibles l’un que l’autre.﴿ , Sourate el haj, verset n°73. L’adoration exclusive de Dieu est une chose très subtile. Cela exige qu’on ne prenne en compte que la volonté divine. Le reste ne doit être pris en considération qu’en fonction de cette volonté. Il n’est pas interdit de faire du bien pour son prochain, au contraire, c’est plutôt l’inverse qui est sollicité, mais tout doit se faire dans le cadre de la volonté de Dieu. Il n’est pas interdit, non plus, de demander de l’aide aux autres, quand on en a besoin, c’est tout à fait humain, dans une certaine limite ; mais tout ce que je fais pour les autres ou pour moi doit être considéré comme un acte d’adoration pour Dieu. Et c’est la seule condition pour que mes actes donnent un fruit, sinon, le résultat ne sera jamais positif. Ce qui est fait pour Dieu sera durable et continu, et ce qui est fait pour les autres sera rompu et isolé. Pour tout acte, il faut aspirer à l’agrément de Dieu. Nos rapports avec les hommes sont définis par ceux que nous avons avec Lui. Les autres ou moi, cela ne compte que dans la mesure où Dieu est satisfait. Et tout ce qu’Il nous ordonne ou nous interdit de faire n’est que dans l’intérêt des hommes. Mais ce n’est pas évident pour tout le monde. Satan nous trompe ; les gens qui cherchent leur intérêt nous trompent ; notre égo nous trompe ; la vie nous trompe ; seul l’échec pourrait nous faire prendre conscience, si on a la chance d’y arriver, d’en tirer une leçon. Le problème est très grave ! Comment se débarrasser de ces ennemis qui s’immiscent dans notre adoration et la faussent ? Comment réussir à vouer exclusivement tous nos actes à Dieu ? Comment arriver à agir pour Dieu, à vivre pour Dieu, à mourir pour Dieu ?

Certes, ce n’est pas une chose évidente. Mais ce n’est pas impossible, non plus. Tout dépend du souci qu’on a, de notre volonté de vivre pleinement notre situation d’esclave de Dieu. Se mettre dans la tête que nous sommes à Dieu et que c’est à Lui que nous retournons. Etre convaincu que notre vie, quelque soit sa durée, est courte. Plus sage donc est celui qui l’utilise comme une passerelle pour accéder à une vie meilleure, plus douce, plus paisible, et éternelle, celle du paradis.

Forçons-nous de rectifier la mire, de réorienter nos desseins, et de rendre fructueux nos actes en les vouant exclusivement à Dieu.

Publié le: lundi 20 septembre 2010