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.Al Adl Wal Ihsane décide la suspension de sa participation au mouvement 20 février

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Conférence de presse des parents et de la défense des sept détenus

Ce mercredi 01 septembre 2010, une conférence de presse des parents des sept détenus, dirigeants d’Al Adl Wal Ihsane à Fès, s’est déroulée au siège de l’Association Marocaine des Droits de l’Homme à Rabat. Elle a été animée par Dr. Mohammed Salmi, membre du Secrétariat Général du Cercle Politique et Coordinateur du Comité des Droits Humains du Mouvement, en présence des membres du Secrétariat général du Cercle Politique MM. Mohammed Hamdaoui et Hassan Bennajeh. Une conférence de presse avec une large couverture médiatique : des agences de presse nationales et internationales (Reuters, AFP, MAP), des journaux (Almassae, Akhbar alyaoum, Alittihad Ichtiraki,Attajdid, Al Ahdath almaghribia) et la chaîne Aljazeera. Elle se distingua aussi par la présence d’organisations de Droits Humains comme l’Association Marocaine des Droits de l’Homme, en la personne de sa présidente Khadija Arriadi et ses assistants MM. Abdelhamid Amine et Abdelilah Benabdessalam , en plus d’autres membres du Bureau Central , la Ligue Marocaine de Droits de l’Homme, représentée par son Secrétaire Général Mohammed Zhari et le Médiateur pour la Démocratie et les Droits de l’Homme, avec M. Aziz Idmine. M. Salmi a donné le coup d’envoi en remerciant, au nom des sept enlevés et de leurs familles, l’Association Marocaine des Droits de l’Homme « pour avoir accueilli cette conférence de presse et soutenu les victimes et leurs familles, afin de mettre à nu les violations qu’ils ont subies, ainsi que toutes les organisations et associations des Droits Humains qui ont contribué à dévoiler ces violations ». Il a, par la même occasion, tenu à remercier l’audience pour être venue prendre connaissance de ce que ces dirigeants ont enduré. « Des violations au sujet desquelles l’Etat n’est pas prêt à tenir son engagement à ne pas répéter les mêmes tragédies de l’ancienne ère ». Dans son allocution, Mme Khadija Arriadi, présidente de l’Association Marocaine des Droits de l’Homme, a , au nom du Bureau Central, souhaité la bienvenue aux familles des sept détenus comme à l’audience, tout en soulignant que « les portes de cette association sont toujours ouvertes aux victimes des violations des droits humains, familles de détenus, politiciens et citoyens, pour communiquer avec les médias », et que cette manifestation se tient « dans le cadre de la solidarité et la réclamation de l’ouverture d’une enquête sur les crimes d’enlèvement et de torture qui furent appliqués aux sept détenus, comme pour exprimer notre attachement à continuer la lutte contre la détention politique et les violations des Droits Humains ». Par la suite, la mère du Détenu Tariq Mehla, Mme Najia Bouziri, a pris la parole pour décrire les circonstances de l’enlèvement : le temps choisi, la méthode, la sauvagerie verbale et corporelle, le terrorisme qui toucha même les enfants dont son fils, un enfant à déficience mentale, les malades et les femmes. Mme Zakia Elqabbaj, épouse de Mohammed Slimani, a, pour sa part, évoqué les conditions de l’arrestation et la dégradation de l’état de santé des enlevés, suite à la torture abominable qu’ils ont subie. Elle parla aussi des séquelles psychiques et sociales chez les enfants et les familles des victimes. Quant à Mme Hind Zerrouq, épouse d’Abdellah Bella, elle s’est attachée à décrire « les tortures inhumaines qui ont visé la tête, avec les impacts très graves que ça a eu sur l’ouïe, la vision et la mémoire. L’objectif était très clair : détruire toute dignité chez les séquestrés par la violence physique et verbale, avec pour phase ultime le viol ». Mme Zerrouq a conclu en lisant la déclaration des familles (ci-après) adressée aux organisations pour les remercier du « soutien apporté aux détenus et renouveler leur persistance à poursuivre le combat pour que les détenus réintègrent leur liberté et leur dignité ». Pour le volet juridique, Me Mohammed Aghanaj, membre de la défense des sept détenus, a tenu à dire combien il se trouve désolé devant de pareilles violations. Il a rappelé la chronologie du dossier depuis le jour de l’enlèvement, le 28 juin 2010. Une lettre urgente fut adressée au Procureur du Roi à Fès et Procureur du Roi à Casablanca pour connaître le sort des sept enlevés et les solliciter à exhorter la Police Judiciaire à respecter les dispositions du code de la procédure pénale et à informer leurs familles de leur sort, s’ils ont été mis en garde à vue dans un lieu de détention légal. Me Aghanaj a souligné que « la défense a présenté une demande d’autorisation pour rendre visite aux détenus dans le siège de la Police Judiciaire le 30 juin 2010, mais nous avons été empêchés de communiquer avec eux, par de faux prétextes. Les détenus ont comparu, pour la première fois le 1er juillet, devant le Procureur Général, cette comparution a été suivie d’une série de séances d’instruction détaillée où ils ont insisté sur les faits d’enlèvement et de torture qu’ils avaient subis. Partant, la défense a demandé à ce qu’ils soient soumis à un examen médical prévu le 1er juillet par deux médecins. Or, pour une cause inconnue, cet examen n’eut lieu que le 7 juillet pour trois détenus : Mohammed Slimani, Abdellah Bella et Azzedine Slimani, et le 8 pour les autres. Lequel examen fut mené à l’œil nu, dans le dispensaire de la prison et sans instruments, ni appareils médicaux ». « Malgré tout cela, ajoute Me Aghanaj, les résultats furent positifs pour trois détenus, contrairement à ce qui a été avancé par certains journaux. Ainsi, il s’est avéré, pour le cas du détenu Azzedine Slimani par exemple, que, le 7 juillet, jour de l’examen, il souffrait d’un jaunissement de 2 centimètres au niveau de son bras, suite à une empoignade très forte ou à un coup, d’un caillot de sang au niveau du grand orteil de son pied gauche résultant d’une bastonnade mais qui devra disparaître sans grand soin après deux mois. Quant à Mohammed Slimani, il a un jaunissement rond de 2 centimètres sur le côté droit du dos et un autre de 2 centimètres au bras droit qui devra bleuir et consécutif à une très forte empoignade ou à un coup reçu avant une semaine environ ». Pour le détenu Hicham Houari, le contenu de l’examen, lu par Me Aghanaj en français, montre qu’il a des blessures et des enflures au niveau des deux épaules et des plantes des pieds, preuve qu’il a été violemment bastonné. Partant, Me Aghennaj a déclaré qu’il « a été décidé d’adresser une plainte à M. le Procureur Général de la Cour Suprême contre les éléments de la Brigade Nationale de la Police Judiciaire, considérant qu’ils ont commis des crimes et des délits de torture et une autre plainte contre l’Agence Magreb Arab Press qui a violé la confidentialité de l’enquête préliminaire ». Quant à la procédure légale, Me Aghanaj a expliqué que « la défense a plusieurs observations, notamment que la procédure a été accomplie en flagrant délit alors qu’il y avait absence de flagrant délit. L’acte prétendu ayant eu lieu le 21 mai 2010 alors que l’arrestation ne s’est faite que le 21 juin 2010. De même, la Brigade Nationale de la Police Judiciaire a été de manière exceptionnelle chargée de procéder à l’enquête préliminaire au lieu de la Brigade Préfectorale de Fès. De plus, l’administration a brisé la confidentialité de l’enquête préliminaire et la neutralité de l’administration en faisant publier le communiqué par l’Agence Maghreb Arab Press le 29 juin à 13H environ, c’est-à-dire une heure à peine après le début de la garde à vue à 12H; les procès verbaux ont tous été établis la nuit, ce qui renforce le doute sur l’affaire ». Il promit à l’opinion publique de communiquer les contenus de ce dossier ultérieurement « pour que, preuves à l’appui, l’innocence des détenus apparaisse au grand jour ». A la fin de cette conférence de presse, le débat fut ouvert et en réponse aux questions, Mme Zerrouq expliqua que la coordination avec les organisations des Droits Humains a commencé depuis le jour des enlèvements et que la relation entre le plaignant et les détenus a fini dès sa démission du Mouvement dont l’action est de par sa nature bénévole, qu’il y a eu des précédents avec des membres ayant eu des statuts hiérarchiques bien supérieurs ou inférieurs au sien, sans que la Jamaa n’ait recours au comportement qu’il essaie de lui coller. M Salmi a ajouté que « la littérature de la Jamaa et sa discipline prouvent qu’elle rejette catégoriquement la violence ». Me Aghanaj précisa que « la plainte déposée contre la Brigade Nationale de la Police Judiciaire et l’Agence Maghreb Arabe Presse visent avant tout à établir la justice ». Ci après le texte de la déclaration de la conférence de presse : Au nom de Dieu le Clément, le Miséricordieux Et bénis soient Son Messager, sa descendance et ses compagnons Déclaration de la conférence de presse organisée par les familles des sept détenus d’Al Adl Wal Ihsane à la prison Aïn Qadous – Fès L’enlèvement des nôtres le 28 juin 2008, sous nos yeux, accompagné de violences, menaces, humiliations et insultes à notre encontre, femmes , vieillards et enfants, le pillage de nos biens, la démolition de nos portes, les tortures infligées aux enlevés par la Brigade Nationale de la Police Judiciaire, tout ceci constitue de graves violations des droits humains, comme des lois nationales et internationales et une humiliation du citoyen marocain, sinon de l’Etat lui-même. Nous, familles des sept détenus, affirmons que cette accusation est un flagrant mensonge dans lequel le plaignant, un agent des renseignements infiltré dans les rangs de la Jamaa, prétend que le Mouvement l’avait mis sous écoute pour intercepter ses communications avec ses commanditaires. Et c’est là le point visé par les interrogatoires et la torture. Quant à ce qui a été diffusé par les médias et consigné dans le dossier, à savoir que le plaignant avait reçu des menaces, après avoir présenté sa démission de la Jamaa, aucune personne raisonnable ne peut l’admettre. Car l’appartenance à Al Adl Wal Ihsane, comme l’est d’ailleurs la démission, est une affaire de choix. Aucune personne ayant démissionné de ses rangs auparavant, ni même les espions découverts, n’ont été inquiétés. Le rejet par la Jamaa de la violence et de la clandestinité est pour nous une source de fierté. En remerciant à nouveau les organisations des droits humains nationales et internationales qui nous ont aidé à dévoiler ce crime immonde, les médias qui ont essayé, malgré la censure et les pressions, de couvrir ces violations et tous les acteurs politiques et associatifs, nous réclamons à nouveau la libération immédiate de nos proches et la clôture de ce dossier inconsistant, comme nous demandons la punition des criminels impliqués dans ces violations diverses. Nous réexprimons par la même occasion notre forte inquiétude vis-à-vis de la dégradation de l’état de santé de nos parents dans leur lieu de détention et des piètres conditions de cette détention. Nous exprimons notre crainte quant au cours qu’à connu l’affaire jusqu’à maintenant, car ni la loi, ni les principes des droits humains n’ont été respectés. L’affaire est par excellence politique. Nous exprimons notre crainte qu’ils ne jouissent pas d’un procès équitable devant une justice indépendante et intègre. Plus de deux mois déjà sont passés depuis le début de notre tragédie. Nous appelons tous les militants des Droits Humains et tous les défenseurs de la dignité humaine à continuer leurs efforts très louables pour faire triompher le droit : « Dieu fera toujours triompher Sa volonté, mais la plupart des humains n’en sont pas conscients ». Les familles des sept détenus membres du Mouvement Al Adl Wal Ihsane, victimes de l’enlèvement, des tortures et de la détention politique injuste Rabat le 1er septembre 2010

Publié le: dimanche 05 septembre 2010