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.Al Adl Wal Ihsane décide la suspension de sa participation au mouvement 20 février

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Communiqué des sept détenus d’Al Adl Wal Ihsane à Fès

Nous –les sept détenus– membres d’Al Adl Wal Ihsane, MM. Mohammed Slimani ( Professeur universitaire à l’Ecole Normale Supérieure), Abouali Lamnawar (Docteur en pharmacie) , Azzeddine Slimani ( Professeur agrégé), Abdellah Bella ( Enseignant au secondaire) , Tarek Mehla ( Formateur à l'Institut de la Santé), Hicham Houari (Fonctionnaire à la Délégation du Ministère de l’équipement) et Hicham Sebbahi (Officier d’Etat Civil) , annonçons à l’opinion publique nationale et internationale que nous sommes victimes d’un complot fomenté contre notre mouvement pour porter atteinte à sa crédibilité.

A l’aube du lundi 28-06-2010, nos maisons ont été assaillies simultanément, et de manière hystérique, par des inconnus qui, à l’aide de barres de fer, ont enfoncé les portes sans laisser aux habitants le temps de les ouvrir, et avant même d’ordonner de le faire. Nos enfants, nos femmes et nos proches, à peine vêtus, ont été surpris dans leurs lits. Dans un climat de terreur, nous fûmes violemment battus et nos épouses – dont l’une est enceinte de six mois– vulgairement insultées. Ils nous ont menacés avec leurs armes puis nous avons été ligotés et jetés par terre ; ceci alors que des dizaines de mains saccageaient nos meubles, réquisitionnaient nos ordinateurs, nos livres et d’autres affaires encore.

Puis, sous une rafale d’insultes et de coups, nous fûmes emmenés (les yeux bandés) vers une destination inconnue pour nous comme pour nos familles. Pire encore, l’un d’eux rendu plus agressif par les consignes qu’ils avaient reçues, a pénétré dans les toilettes (chez M. Azzeddine Slimani) puis est sorti après avoir souillé les murs par ses fèces. Certains mêmes étaient saouls.

Après nous avoir emmenés de force, ils nous apprirent que nous étions les hôtes de la Brigade Nationale Anticriminelle à Casablanca. Notre calvaire commence alors, de la torture et de la terreur dignes des Années de Plomb : déshabillement, suspension, chiffon, falaqa, électrochocs sur les organes sensibles, harcèlements et menaces de viols, tabassages qui ont laissé, chez certains d’entre nous, des séquelles au niveau de la vue et de l’ouie…, ainsi que la torture morale par les humiliations et les diffamations contre nous et nos épouses… Et pour finir, après trois journées entières, nous fûmes forcés, sous les coups et les insultes, à signer , les yeux bandés , des procès verbaux dont nous ignorons les contenus. Tout ceci afin d’arracher des aveux au sujet d’étranges accusations fabriquées de toutes pièces, concernant l’enlèvement d’un avocat, sa séquestration et sa soumission à la torture.

Notre choc fut énorme quant à la nature de cette accusation et la procédure appliquée pour traiter ce dossier fabriqué de toutes pièces. Car comment une telle accusation –fut-elle vraie – a-t-elle pu mobiliser toute cette armée sur tout le territoire national ? Nous nous trouvons donc devant une vérité indéniable : le dossier, aussi falsifié qu’il soit, nous vise en tant que membres d’Al Adl Wal Ihsane à Fès, comme il vise à déformer l’image de notre mouvement aux niveaux national et international. Et pour preuve, l’Agence Maghreb Arabe Press s’est empressée, comme de coutume avec l’opposition, de diffuser de pareilles infamies et de nous faire endosser l’accusation avant même que la procédure ne soit entamée.

Les tortures et les violations qui nous ont été infligées durant ces trois jours (à Casablanca avant notre retour à Fès) et la campagne médiatique menée en même temps par certaines parties prouvent bien que l’affaire est montée de toutes pièces pour nous porter atteinte et dénigrer la Jamaa. Tout ceci nous fait fortement craindre d’affronter un procès des plus iniques devant une justice qui est loin d’être indépendante.

Mais Dieu seul nous suffit. N’est-Il pas le Meilleur des protecteurs?

Jeudi 1 juillet 2010

Les sept détenus

Fès – Prison Aïn Qadous

Publié le: samedi 10 juillet 2010