Contacter nous

عربية

.Des sit-in et des marches de solidarité pour commémorer la Nakba dans toutes les régions du Maroc Campagne de "la maison captive" .. pour commémorer celle menée par le makhzen contre Al-adl wal Ihsane Commémoration de la Nakba… le Comité de Soutien organise un sit-in populaire à Casablanca Les responsables du culte et les prêcheurs tabassés devant le Parlement Youssoufia: Report du procès de cinq membres d’Al Adl Wal Ihsane et trois diplômés en chômage Les autorités égyptiennes empêchent une délégation internationale – dont celle d’Al Adl Wal Ihsane – d’entrer à Gaza Benslimane : Les autorités continuent à harceler les appelants au boycott des dernières élections

Envoyer à un ami

Par: Elmiloudi Mouftadi

Dialogue entre le Philosophe et le Sage

Le Philosophe :...Je vous disais donc que les choses sont simples ; il suffit de choisir. Et moi, j’ai choisi. J’ai opté pour la raison, parce que justement cela fait raisonner. Elle est la source de la sagesse, de la grandeur... Vous considérez le problème dans toutes ses dimensions en suivant un cheminement logique ; et puis le résultat ne se fait pas attendre& Vous saisissez ?

Le Sage :...Je vous avoue franchement que je n’arrive pas à vous suivre.

Le Philosophe : Bon, prenons un exemple, cela nous permettra de nous entendre mieux. Vous me parlez de principes, de sérénité...de lucidité...de...transparence et...Que sais-je encore ?

Eh bien, c’est beau, les principes ! Mais il y a des fois où cela ne mène à rien& ou plutôt cela nous attire des ennuis.

Le Sage : Vous devriez savoir, cher monsieur, que chaque chose a un prix. Vous voulez agir, vous voulez promouvoir un changement, il vous faut en payer le prix. Et puis la raison dont vous vous targuez, que vous défendez avec tant d’acharnement, que vous semblez diviniser a causé beaucoup de malheur dans ce monde ; et Dieu seul sait ce qu’il en est dans la Vie Dernière.

Le Philosophe : Franchement, vous avez un esprit borné. Mais c’est scandaleux ! Comment osez-vous prétendre que la raison pourrait être source de malheur ? Vous voyez tout de travers. Ma foi, mais vous marchez sur la tête, on dirait !

Le Sage : Et nous y voilà ! Nous en sommes aux insultes maintenant ! Je crois que nous avions convenu de faire un débat civilisé, sans nous humilier l’un l’autre.

Le Philosophe : Oh pardon ! Je me suis laissé aller...

Le Sage : N’en parlons plus. Sachez, cher monsieur, que je ne cherche nullement à dénigrer la raison, ni à rejeter sa valeur, et moins encore à minimiser son rôle dans l’évolution du monde. Mais je tiens quand même à souligner qu’elle demeure un simple instrument entre les mains des hommes. Son fonctionnement est tragiquement limité et elle est sujette à l’erreur. Et si vous le permettez, je préfère qu’on reporte cette discussion sur la raison et qu’on s’en tienne à la question du changement.

Le Philosophe : Et que proposez-vous en échange ? Comment sortir de cette impasse dans laquelle nous nous trouvons engagés ? Détenez- vous une recette magique à mettre en oeuvre ?

Le Sage : Vous voulez rire ? Vous savez très bien que ce n’est pas les sorciers qui ont fait ce monde. Et ce n’est pas eux, non plus, qui vont le changer.

Le Philosophe : Je plaisantais. Mais je voulais dire tout simplement que les hommes ont tout essayé. Ils ont épuisé tous les systèmes sans arriver, pour autant, à enrayer les injustices.

Le Sage : Là ! Tu le dis si bien ! Les injustices, les oppressions, les répressions, les humiliations, le totalitarisme, le despotisme ...Et j’en passe. Quel affront !

Le Philosophe : Mais je l’ai toujours dit ! C’est dans ce sens que j’ai toujours milité. Et qu’est-ce que j’ai gagné ? Je m’en suis tiré avec quelques années passées dans l’ombre et ces rhumatismes chroniques qui me rongent les articulations.

Le Sage : C’est de là que vient votre problème. Vous envisagez tout en fonction du gain.

Le Philosophe : Voyons, c’est normal ! Toute peine mérite salaire. J’ai passé le plus clair de ma vie à lutter pour le bien de l’humanité, il est temps que j’en tire profit.

Le Sage : Au prix de renoncer à vos convictions ? De trahir votre cause ?

Le philosophe : Mais je vous l’ai dit ! Je n’ai plus rien à attendre de la vie. J’avance dans l’âge et une certaine angoisse commence à me gagner. Et puis le changement, il y en a eu. Les gens ont acquis beaucoup de droits, bien sûr, ce n’est pas le paradis, mais le parfait n’existe pas non plus. C’est pourquoi il faut se contenter de ce qu’on a.

Le Sage : Vous parlez donc d’un changement ! Quelques individus à la place d’autres. Et vous appelez cela un changement ? L’air ne fait pas la chanson.

Le Philosophe : C’est mieux que rien, non ?

Le Sage : Non, monsieur ! Pas de demi-mesures, cela ne tient pas le coup.

Le Philosophe : Vous voulez faire table rase du passé et repartir à zéro. Vous n’aurez pas l’unanimité. Les gens sont tellement différents au niveau de leur origine, de leurs aspirations ...De quel moyen disposez-vous pour unir les coeurs ? Leur chanter l’hymne national ? N’est-ce pas là un véritable défi ?

Le Sage : Ne sommes-nous pas tous musulmans ?

Le Philosophe : Si...Si...Mais...Il y a les intérêts...les visions&

Le Sage : L’Islam est au-dessus de toutes ces considérations.

Le Philosophe : Et sur quelle base bâtir notre système ?

Le Sage : Nous puisons dans l’histoire musulmane, dans l’expérience du prophète - Paix et Salut à Lui- dans celle de ses compagnons, gratifiés soient-ils, avec lesquels la pratique de la concertation (la shoura) a fait ses preuves .

Le Philosophe : On vous empêchera, on fera avorter votre projet avant même qu’il soit conçu...On vous éliminera peut-être, ou on vous mettra en prison ou dans un asile.

Le Sage : Et voilà la vieille chanson ! Et le changement dont vous parlez ?

Le Philosophe : Oui, mais il ne faut pas les mettre en colère. Parce que vous touchez à quelque chose de sacré !

Le Sage : Vous savez, les hommes sont égaux devant la loi et devant la shariâa. Le prophète nous l’a appris dans le hadith : « Il n’y a de différence entre un Arabe et un autre qu’au niveau de la piété». Et le compagnon Omar Ibn Khattab a dit : « Au nom de quoi avez-vous asservi les gens alors qu’ils sont nés libres ?»

Le Philosophe : Ils ont l’armée...la police...Ils mettront sur pieds des tribunaux spéciaux. Ils simuleront des jugements& et c’en est fait de vous.

Le Sage : Voilà ce que nous dénonçons ; voilà pourquoi il faut agir, il est temps que cela change.

Le Philosophe : Moi j’en ai assez de la lutte ; Je tiens beaucoup à la vie.

Le Sage : N’avez-vous pas dit, vous-même, que la vie est courte ? Alors pourquoi y attacher tant d’importance ? Autant vivre dignement ou mourir pour une bonne cause... Et puis la vraie vie c’est après la mort. Dans ce monde, la vie n’est qu’une illusion. C’est cela qui mobilise les croyants, qui oriente leurs actes. Tout ce qu’ils font, ils le font pour Dieu.

Le Philosophe : Peut-être ; mais tout le monde ne peut pas comprendre leur façon de voir les choses.

Le Sage : non, mais ce n’est pas impossible. Il suffit de renouer avec Dieu, et le coeur s’illuminera.

Le Philosophe : Et qu’est-ce que le coeur a à voir avec ces choses-là ?

Le Sage : Voulez-vous qu’on en parle la prochaine fois ?

Le Philosophe : C’est bon. Donc, à la prochaine !

Le Sage : Au revoir et à bientôt.

Publié le: lundi 25 décembre 2006