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Par: Mohamed Chbani
Découvrir l’islam, les concepts d’abord (1)
Avant de parler de l’essence de l’islam, surtout quand on s’adresse à un non musulman, il vaudrait mieux éclaircir quelques concepts.
Le premier de ces concepts est la traduction ou la signification du mot "dine" qui n’est pas l’équivalent du mot religion.
Car quand on traduit "dine" par "religion" le concept prend une autre forme que sa forme originale. Il prend une connotation qui ne vient pas du Coran ni de la sunna, dépositaires de l’islam, le mot prend les habits du christianisme. Il reflète des sens incorrects.
Donc, il vaudrait mieux ne pas parler de religion quand on parle d’islam mais plutôt de « dine ». Le verbe tiré de cette racine et qui est "dana" signifie littéralement "se soumettre" et rejoint donc la signification du mot "islam" qui est soumission à Dieu.
La religion, selon l’encyclopédie encarta, est « un système de croyances et de pratiques fondé sur la relation à un Être suprême, à un ou plusieurs dieux, à des choses sacrées ou à l’univers ». On voit bien que l’Islam ne peut être réduit à un système de croyances et de pratiques rituelles ou même spirituelles. Mais l’encyclopédie admet quand même que : « Le terme de religion utilisé par les Européens pour désigner les pratiques spirituelles ou traditionnelles de cultures étrangères, alors qu’ils n’en avaient qu’une connaissance rudimentaire, est une erreur historique. Ils en conclurent que les autres peuples possédaient des institutions du même type et d’un fonctionnement identique au christianisme ou au judaïsme. Cette hypothèse prématurée fut à la source d’une grande confusion » (2)
La révolution française, en signifiant la fin du règne de l’église chrétienne sur certaines sociétés européennes, croyait en avoir fini avec toutes les formes de spiritualités et croyait avoir définitivement instauré la domination du matérialisme athée.
Difficile, donc, de parler de soumission à Dieu aux descendants des libres penseurs et des cartésiens. Néanmoins, cela ne nous décourage pas, un illustre auteur français n’a-t-il pas dit que « le 21e siècle sera spirituel ou ne sera pas ». (3)
Selon la raison occidentale héritée du siècle des lumières, l’origine de l’homme serait une bactérie qui se serait auto développée pour aboutir à l’être humain, après des milliers d’années de stades de développement.
Les musulmans qui se soumettent à Dieu l'Unique et qui entendent et lisent la parole révélée savent que Dieu a créé l’Homme et qu’Il l’a créé à dessein.
Dieu, exalté soit-Il, a créé l’être humain et a mis à sa disposition cette demeure qu’on appelle la terre pour l’examiner. L’homme, en accomplissant de bonnes actions prouve qu’il a est à la hauteur du message que Dieu lui a confié, et grâce à son passage éphémère sur cette terre, il pourra accéder au bonheur éternel dans l’au-delà.
Est-ce que l’homme moderne, pragmatique et grisé qu’il est par la maîtrise de la matière, pourrait nous prêter la moindre petite attention ? Là est la question comme dirait un autre auteur illustre (anglo-saxon cette fois ! (4)).
Certains leaders occidentaux avaient proposé à l’Islam de se moderniser pour pouvoir être mieux intégré à la modernité, pour pouvoir être mieux digéré par les sociétés occidentales en quelque sorte. Proposition à laquelle M. Abdessalam Yassine a répondu qu’il fallait plutôt "Islamiser la modernité"(5).
Nous proposons à l’homme moderne de mettre de côté -pour un instant- le concept de religion qu’il porte et d’oublier sa maîtrise de la matière pour pouvoir écouter le message de l’Islam.
En Islam, deux concepts vont de pair : la vie d’ici-bas et la vie de l’au-delà.
Un chrétien pratiquant entend parler à l’église de la vie dernière, de l’au-delà, du ciel...mais cela reste très vague contrairement au musulman qui trouve dans le Coran une description parfaite de la résurrection, du jour du jugement, du paradis et de ses hommages ou le cas échéant de la géhenne et de son châtiment.
C’est pour cela que nous demandons à l’homme moderne de se remettre en question, d’écouter les interpellations de son for intérieur, de ne pas faire la sourde oreille aux interrogations que son humanité même lui pose. Ce faisant il pourra entendre le message de l’islam.
La plupart des gens se contentent de la lecture des journaux ou de l'écoute des émissions des chaînes satellites pour se faire une idée sur l’islam. Le problème c’est que peu de journalistes occidentaux parlent objectivement ou discutent les choses en profondeur, pour faire la différence entre l’Islam et les musulmans, entre l’origine du message et le destinataire du message.
Les occidentaux ont tendance à voir l’islam en tant que vainqueurs, en tant que maîtres de la planète, ils voient l’islam à travers l’état des musulmans actuellement et ceci est une erreur. La situation des musulmans de nos jours ne reflète pas la réalité du message de l’islam en tant que cheminement à Dieu, en tant que moyen élévateur qui permet d’accéder au bonheur de la contemplation divine.
Pourquoi l’état des musulmans ne reflète pas la réalité de l’islam ? Là est une autre question& ..
A SUIVRE
1 L’idée de cet article m’a été inspirée par une allocution du Pr. Abdessalam Yassine destiné à un congrès estudiantin de l’université d’Iowa, USA.
2 "Religion" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2006
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3 Phrase attribuée à André Malraux, ce que contestent certains.
4 Shakespeare vous l’avez sans doute deviné.
5 M. Abdessalam Yassine « Islamiser la modernité » Ed: Al ofoq impressions, 1998.
Publié le: jeudi 23 novembre 2006






