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Par: Mohamed Lamri

Les facettes d’un régime despotique (4/5)
Un régime corrompu

La plus grande défectuosité d’un régime totalitaire est que la loi et le droit n’y sont jamais respectés. Pour lui, la meilleure et seule méthode valable de gouverner est la fermeté. C’est pour cela qu’il ne peut échapper à la règle d’être corrompu.

Voyons d'abord ce qui passe du côté des pays démocratiques. L’on sait bien que dans ces pays, les membres du gouvernement et les hauts responsables de l’état sont surveillés de très près. La loi les oblige à déclarer leurs biens avant d’entamer leurs fonctions, pour que l’on puisse les contrôler à la fin de leurs mandats. S’ils sont incriminés de dépenses exagérées, selon les exigences de leurs fonctions, ils sont passibles de mises en examen, de poursuites judiciaires et de peines.

Le plus souvent les choses n'en restent pas là! Ce genre d'affaire aboutit souvent à la démission immédiate et parfois au suicide. Cela pourrait paraître bizarre ou inimaginable au commun des mortels de chez nous, mais c’est la pure vérité. Il est difficile, certes, d’admettre que ces gens aient acquis toute cette dignité, toute cette considération pour soi-même et ce respect pour la déontologique professionnelle, mais la réalité est là, devant nos yeux. Les exemples concrets en la matière ne manquent pas.

Au mois de Mai dernier, un scandale politique a éclaté en Grande Bretagne à propos de dépenses exagérées de certains élus de la Chambre des Communes.

À l’origine du scandale, le Daily Telegraph. Il s’était mis à révéler les notes de frais extravagantes des députés britanniques. Les révélations concernaient les remboursements de prêts immobiliers, de mystérieuses assurances et le départ forcé de Sir Peter Viggers après la fin de son mandat. Ce député conservateur avait perçu des sommes exagérées pour l’entretien du jardin de sa propriété et la construction d’un petit abri pour canards (30 000 livres = 35 000euros).

Le quotidien avait révélé les écarts de conduite de plusieurs députés, dont ceux du Premier ministre Gordon Brown, des conservateurs, des députés libéraux-démocrates et de deux autres appartenant au Sinn Fein.

Le président M. Martin était considéré comme responsable du comportement des élus de la Chambre des Communes. Il était le premier "speaker" contraint à la démission en plus de trois siècles. Oui en plus trois siècles, s’il vous plait ! Qui dit mieux ! C’est tout simplement inouï !

Qu’en est-il de nous autres, qui vivons sous le joug des régimes totalitaires au Maroc depuis bon nombres de siècles ?

Par la nature des choses, ces régimes absolus sont connus par des tares intrinsèques, dont notamment les privilèges sans limites que le dirigeant s’octroie lui-même et ceux accordés avec largesse aux acolytes qui sont à sa solde.

En effet, les hauts responsables, les parlementaires, les hommes politiques et tous les proches du pouvoir bénéficient de beaucoup d'attributions et avantages de tous les genres.

En plus de l’immunité et l’impunité qui leur sont, tacitement ou explicitement, accordées, des salaires et des dépenses excessifs, ils jouissent d’innombrables avantages politiques et socio-économiques. Ils se permettent de dilapider les deniers publics sans risque d’être inquiétés.

Au lieu de servir le peuple en tant que responsables gouvernementaux, administratifs, parlementaires ou autres, ils utilisent leurs fonctions pour s’enrichir, sans parler de l'abus de pouvoir dont ils usent souvent.

D'autre part, tout le monde s'accorde à reconnaître qu'au Maroc la corruption est devenue le mal le plus grave qui menace le pays. Il ronge les appareils de l’Etat ainsi que la société. Devenue monnaie courante, plus personne, corrupteurs et corrompus, n’en a plus honte. Banalisé à outrance, le fléau est devenu chose courante et ordinaire.

Les caisses de l'Etat, celles des établissements publics , semi-publics, celles des établissements financiers et celles de toutes les communes rurales et urbaines du Maroc sont saignées à blanc. Ce qui étonne plus d'un est que cela se fait au vu et au su des responsables les plus hauts placés.

Les derniers scandales des mutuelles des fonctionnaires des établissements publics, ceux un peu plus anciens d'établissements financiers, comme le Crédit Agricole et le Crédit Immobilier, la Caisse Nationale de la Sécurité Sociale et la Banque Populaire.

Ainsi, seulement une minorité très restreinte de privilégiés s'accaparent tous les avantages. Ils vivent dans l'opulence absolue. Leurs richesses déjà colossales augmentent sans cesse.

Pendant ce temps, la majorité écrasante des marocains vit dans le besoin, sous le seuil de la pauvreté et bon nombre d'entre eux se nourrissent des poubelles.

Qu'adviendra-t-il de nous, de notre pays et de quoi l'avenir de nos enfants sera-t-il fait ?

Publié le: vendredi 14 août 2009