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Par: Mohamed Elhadi

Que faire après le bac ? Les choix difficiles (1)

C’est la fin de l’année scolaire. Les futurs étudiants vivent la période des examens normalisés sous une pression psychologique due autant à la nature de l’examen lui-même qu’à l’angoisse de l’avenir. Le mot qui fait peur est lâché : avenir. On n’en parlait, au cours de l’année scolaire, que rarement. Juste le moment où les parents invoquent Dieu pour qu’Il ouvre à leurs enfants « les portes du bonheur ». Le reste, c’est à voir après l’obtention du bac. C’est justement la même idée que partagent ces futurs bacheliers : tant que le diplôme n’est pas dans la poche, il est inutile de parler de l’après-bac. Un diplômé et un parent, peut-être analphabète, qui pensent de la même façon !

C’est, en fait, tout un système éducatif qui façonne les mentalités de la sorte. La vision à long terme et la préparation en amont, aussi bien pour les individus que pour les institutions, semble être la dernière des préoccupations. C’est un vrai handicap.

Nos élèves, au cycle de baccalauréat, sont pratiquement « harcelés » par les exigences de programmes scolaires aux contours indéterminés. Ils passent l’année scolaire dans une course contre la montre pour venir à bout de ces programmes. Ils croient, du moins pour les plus avertis, pouvoir tout comprendre, tout avaler pour donner les bonnes réponses à l’examen. Mais les mauvaises surprises, questions pièges ou conditions de passage stressantes, amènent souvent la désillusion. Dans ce contexte, parler d’une planification de l’avenir, peut paraître déplacé. Et pourtant, il faut en parler !

Les élèves, en fin du cycle du baccalauréat, se sentiront peu concernés par ces propos. Pour eux, cela tombe un peu tard. La prise de décision devient urgente. Les sélections et les concours n’ont aucune complaisance avec les retardataires. Il faut agir,… dans l’urgence malheureusement.

Cependant, ces élèves oublient qu’ils n’ont même pas encore fait le premier pas dans un long chemin appelé « études supérieures » et « avenir professionnel ». Ce parcours s’étale sur plusieurs années et se trouve marqué par des moments de prise de décisions encore plus importantes. Si l’étape « avant bac » n’a pas été suffisamment préparée quant à la prise de décision, est-il logique alors de sacrifier l’«après bac » en commettant la même erreur : ne pas voir plus loin que son nez. S’il est vrai qu’une bonne part de l’avenir s’est déjà jouée avec le choix de la filière du bac, il ne faut pas oublier que les possibilités de changement, de réorientation et de rectification du tir sont toujours là. Peu nombreuses, peut-être, mais présentes malgré tout.

Ce qui manque alors, c’est d’abord un sursaut psychologique qui me permette, moi nouveau bachelier, de prendre mon destin en main, de ne plus laisser les choses aller de soi. C’est fini le temps où les autres (parents, profs ou amis) prennent la décision à ma place. C’est fini aussi le temps où la décision concernant mes choix était la dernière chose à laquelle je prête attention sous prétexte qu’il faut me concentrer sur les études. J’en ai bien été témoin du résultat : en fin de compte, pas d’études bien préparées et pas de décisions bien planifiées non plus. L’excellence dans les études doit avoir comme moteur la motivation. Or, une bonne part de la motivation provient de la découverte, de la connaissance et de l’attente positive du futur. C’est la confiance en Dieu, le Bienfaiteur et le Tout Généreux, qui est certainement la source de cette motivation. Le Prophète, paix et salut à Lui, nous a informé que le Seigneur ne nous réserve que de belles choses dans le futur.

Publié le: jeudi 18 juin 2009