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Par: Mohamed Chbani

Un marocain dans une maroquinerie

N’oubliez pas de balayer après, c’est ce qu’on a envie de dire aux différents acteurs de la parodie qui est en train de se jouer actuellement au Maroc et que certains appellent « élections locales ». Oui car les services de la voirie font partie des prérogatives des communes et on n’est pas sûr que le soir du « vendredi sacré » -marocain cette fois et non irlandais-, il y aura quelqu’un pour balayer les rues salies par les tracts des nombreux partis en lice et les fuites des différents véhicules utilisés pour la propagande de tel ou tel candidat.

Nous ne sommes mêmes pas étonnées que certains partisans en soient venus aux mains, voire à l’arme blanche, voire à la tentative d’assassinat pour défendre l’intérêt de leurs candidats respectifs.

Nous sommes surtout étonnés qu’au bout du compte, quelque soit la formation, le candidat qui obtienne le plus de voix, le résultat est le même, aucune marge de manœuvre pour « l’heureux élu » pour peu que celui-ci veuille faire quelque chose : transformer la corruption qui végète dans la gestion des communes en bonne gouvernance, consiste à transformer une piètre rocaille en or 24 carats.

L’objectif en tout cas de ces élections -comme tout le monde le sait- est de montrer que le Maroc possède une démocratie locale, des assemblées élues et des candidats qui représentent la volonté du peuple. Les partis qui ont été adoubés par le makhzen pour participer à cette mise en scène présentent leurs masse électorale sur un plat en or (le vrai cette fois) au régime. En effet que vous votiez à gauche ou à droite, voire au centre (quel centre ?) vous participez à donner de la crédibilité à un processus non crédible, et qui a été taillé sur mesure pour que dans chaque commune -urbaine ou rurale- un équilibre favorable au makhzen reste établi : la gauche et les islamistes consentants dans les villes où vivent les intellos, la droite et les populistes dans les campagnes ou les gens ont des préoccupations plus terre à terre (en pleine saison de récolté, devinez quel logo va faire une razzia).

Le dénominateur commun est que tous ceux qui vont voter (même un vote blanc) votent en fait pour le pouvoir – peut être sans le savoir-.

A ce stade nous reprenons une phrase d’un ancien humoriste français décédé à laquelle nous avons toutefois jugé opportun d’apporter quelque modification :

« Pour moi, un marocain qui va voter, c’est comme un crocodile qui se présente dans un magasin de maroquinerie », un marocain dans une maroquinerie, rien d’étonnant me direz vous.

Publié le: samedi 13 juin 2009