Contacter nous

عربية

.Des sit-in et des marches de solidarité pour commémorer la Nakba dans toutes les régions du Maroc Campagne de "la maison captive" .. pour commémorer celle menée par le makhzen contre Al-adl wal Ihsane Commémoration de la Nakba… le Comité de Soutien organise un sit-in populaire à Casablanca Les responsables du culte et les prêcheurs tabassés devant le Parlement Youssoufia: Report du procès de cinq membres d’Al Adl Wal Ihsane et trois diplômés en chômage Les autorités égyptiennes empêchent une délégation internationale – dont celle d’Al Adl Wal Ihsane – d’entrer à Gaza Benslimane : Les autorités continuent à harceler les appelants au boycott des dernières élections

Envoyer à un ami

Par: Hassan Mouden

Etre sur la voie du succès : quatre garde-fous à observer

Si on s’ingénie à sonder l’opinion des gens sur ce qu’est pour eux la réussite dans la vie, on serait étonné de constater que la plupart des réponses gravitent autour des items d’argent, de réputation ou de statut social. Cet élan matérialiste qui détermine les différentes aspirations ne cesse de gagner les esprits. Mais force est de constater que là même où la vie consommationniste bat son plein et où le niveau de vie est le plus élevé, le taux de suicide bat des records, sans compter l’abondance des psychologues et l’attachement au fétichisme. Signes de malheur pour sûr et de malaise pour le moins. C’est aussi signe d’échec d’un matérialisme qui essaye par tous les moyens de faire taire les questions relatives à la raison d’être première de l’Homme sur terre.

Le croyant, lui, dépassant ce plâtrage existentiel et cette vision bestiale du monde, puise ses valeurs dans le Coran et la Sunna. Dieu avance dans la sourate d’Al Asr : « Par le Temps ! L’homme est certes en perdition, sauf ceux qui croient, qui accomplissent les bonnes oeuvres, qui s’enjoignent mutuellement la Vérité, et qui s’enjoignent mutuellement la patiente endurance ». Il est donc erroné de trouver refuge dans l’hédonisme. La voie au succès doit prendre en considération non seulement la seule existence ici-bas, mais elle doit aussi et surtout attacher un soin particulier au fait que notre vie est une période de test et de préparation à l’au-delà. Les conditions d’une réussite équilibrée, joignant les deux dimensions sont au nombre de quatre : croire, faire bonnes oeuvres, se recommander mutuellement la Vérité et s’enjoindre réciproquement la patiente endurance.

1- Croire :

Avoir la foi, la bonne et sincère, est le premier pilier du grand succès. Acculé à un rationalisme débridé, le matérialisme athée considère les réalités de l’au-delà comme étant des questions relevant de l’irrationnel. Or il aurait fallu que la raison ne se déifie pas, qu’elle avoue son handicap à tout connaître et à tout percevoir. En tant que musulmans, nous avons la ferme certitude que l’univers, cet espace infini d’une organisation inouïe, n’est pas l’oeuvre du hasard, ni du néant. Dieu est bel et bien Le Créateur des mondes. Il a envoyé pour sa créature, l’espèce humaine, des messagers pour les guider, le dernier en date et qui en est le sceau est Mohammad, paix et salut à lui.

Répondant à une soif intérieure, notre religion n’occulte pas la dimension suprarationnelle ou inconnaissable par les seules méninges (Al Ghayb). En effet, en réponse à une question relative à la foi, le Prophète, paix et salut à lui, avance : « l’iman (la foi) est de croire à Dieu, à Ses anges, à Ses saints Livres, à Ses messagers, à la Vie dernière, et au Destin dans le bien et dans le mal »(1). Toute âme non défigurée et non dénaturée est sujette à une angoisse existentielle, à des questions anthropocentriques relatives au sens de la vie et de la mort qui ne peuvent être assouvies que par des données transcendantes. Ces réalités ne sont pas irrationnelles comme certains le pensent. Au contraire, elles sont des certitudes que la raison pure et intelligente est dans l’incapacité d’atteindre par elle-même. La Révélation vient supplanter la raison et répondre au besoin inné de l’homme à connaître son Créateur, Ses attributs, la ressuscitation après la mort, la vie du paradis et celle de l’enfer... Le Coran, cette parole d’orientation pour l’espèce humaine, foisonne en description de ce que va être l’au-delà pour inciter le commun des musulmans à s’y préparer. Ce prêche coranique est livré à l’intention du coeur afin de le mettre sur les bons rails de la conduite et le rendre quiet et satisfait.

Toutefois, le suprarationnel ne touche que la dimension inconnaissable et imperceptible à la raison philosophante. Cet établissement de la base de la foi véridique épargne à la pensée de s’égarer dans des sentiers infranchissables et induire en erreur les hommes sans avoir assez de courage d’avouer son égarement. En d’autres termes, la raison raisonnante doit s’abstenir de s’adonner au sophisme relatif à la métaphysique pour s’orienter à la physique et à toutes les questions scientifiques d’utilité immédiate. Mais daignerait-elle accepter cela ? Une condition semble nécessaire, à savoir l’humilité et la modestie devant le Très Puissant. Dieu dit : « Seuls croient en Nos versets ceux qui, lorsqu’on les leur rappelle tombent prosternés et, par des louanges à leur Seigneur, célèbrent Sa gloire et ne s’enflent d’orgueil.»(2)

2- Accomplir de bonnes oeuvres :

Le message coranique foisonne en appel à la foi. Toutefois cet appel est toujours accompagné par un autre item relatif à la bonne action. C’est que les convictions du coeur ne peuvent être sincères et véridiques que si elles trouvent moyen pour se concrétiser en conduite subséquente. Plusieurs hadiths indiquent des actions à faire pour s’habiller de la foi, contentons-nous d’un seul. Mohammed, paix et salut à lui, certifie : « La foi (l’iman) est soixante-dix et quelques affluents (branches), l’affluent supérieur est le témoignage qu’il n’y a de divinité que Dieu, la branche inférieure est d’écarter ce qui entrave le chemin, et la pudeur est un affluent de l’iman »(3). Ainsi donc, plus de soixante-dix catégories d’actions constituent la foi. A titre d’exemple, trois catégories sont citées : la première, qui est le témoignage de l’unicité de Dieu, est une conduite du coeur qui doit reconnaître la souveraineté de Dieu l’Unique, le Puissant, le Clément sur toutes les fausses divinités terrestres ; la deuxième relative à l’action commune et publique. Ecarter une embûche obstruant la route n’est qu’un symbolique signifiant la participation active, associative, sociale, politique, etc. du croyant dans les affaires publiques et le bien-être de toute l’humanité ; troisièmement, citer la pudeur comme étant un affluent de l’iman, c’est souligner l’importance des valeurs de conduite dans la constitution de la personnalité croyante, et l’intérêt que porte l’islam à la traduction de ces valeurs humaines non intéressées à l’édification de la civilisation fraternelle (Omrane akhaoui) contrairement aux moeurs de la jungle sévissant actuellement.

En somme, on peut trouver la classification de l’ensemble de ces affluents par nos érudits tels Al Bayhaqui et El Halimi dans le passé, et par M. Yassine(4) de nos jours. Ces ulémas, entre autres, ont essayé d’extraire du Coran et de la Sunna des citations éclaircissant les différentes branches de la foi. En résumé, la foi en islam est loin d’être une retraite de contemplation spirituelle. Tout au contraire, elle est une conviction du coeur qui est appelée à être traduite par des actes concrets visant de façon globale le bien pour soi-même et pour le commun des mortels. En plus, le rôle de ces actes est d’affermir la foi qui est sujette à l’étiolement si elle n’est pas entretenue quotidiennement. Ce soin attentionné à la foi par les bonnes oeuvres et qui est nommé cheminement vers Dieu est un passage obligé pour l’ascension au grade de l’ihsane (spiritualité)(5). Il permet aussi une résistance soutenue au ramollissement et à l’érosion de la foi à cause de la pesanteur terrestre et de la tentation de Satan et des vils instincts.

3- S’enjoindre mutuellement la Vérité (ou le droit) :

Après avoir établi les bases du grand succès à savoir la foi et la bonne oeuvre, Dieu nous spécifie deux exemples du bon agissement en l’occurrence se recommander réciproquement et la Vérité et la patiente endurance. Ces deux exemples sont liés à un même item récurent, c’est celui du conseil-proposition dit la Nassiha.

Pour éclaircir ce concept islamique, nous citons le hadith suivant : Notre Prophète, paix et salut à lui et à tous les Messagers de Dieu, souligne pour trois fois successives : « L’islam est nassiha (c-à-d conseil-proposition) ! » On demanda : « Ô Prophète ! Vis-à-vis de qui ? » Il leur répondit : « Conformément aux ordres de Dieu, du prophète Mohammad et du Coran, et vis-à-vis des dirigeants de la Communauté islamique et à l’encontre du commun des musulmans ». La nassiha embrasse donc les dimensions aussi bien individuelle que publique. En effet, d’une part, elle requiert un côté étroit selon lequel les musulmans doivent se corriger mutuellement dans un cadre de respect et dans un esprit d’entraide, de participation active et d’humilité par opposition à toute tendance de suffisance et de diktat; d’autre part, elle doit s’ouvrir à des horizons plus larges en s’intéressant aux affaires publiques et en s’adressant aux dirigeants pour les appuyer dans le bien et s’y opposer lors des dérives par rapport à ce qui est prôné par Dieu et son prophète. Aussi, pour nous inciter à s’imprégner de cette vertu, Dieu nous fait une bonne annonce : « Méritent d’être aimés par Moi les gens qui s’enjoignent réciproquement en Moi. »(6)

Par ailleurs, s’enjoindre mutuellement la Vérité consiste d’abord à éclairer la raison d’être première de l’homme sur terre, à lui indiquer son Créateur, son devenir après le trépas, etc. Viennent ensuite les autres vérités et droits relatifs à la préservation de la vie de l’homme, de ses intérêts, de son honneur& Selon le Prophète, la dignité du croyant est plus sacrée que celle d’Al Kaâba (maison sainte sise à la Mecque et autour de laquelle les pèlerins font les sept tours).

De plus, les animaux, eux aussi, ont des droits qu’il ne faut pas fouler aux pieds. Il nous est formellement interdit de faire du mal aux bêtes. Notre Prophète nous raconte l’histoire d’une femme qui est punie par l’enfer à cause d’une chatte qu’elle a atrocement maltraitée en la privant délibérément de nourriture jusqu’à la mort. En outre, même en cas de guerre, notre prophète nous interdit de couper les arbres et les dattiers ou de faire du mal aux civils, vieux, femmes et enfants. En plus de cela, l’islam nous ordonne de respecter les droits et les cultes des hommes du Livre, chrétiens et juifs, et de les considérer en terre d’islam comme des hôtes à honorer et à leur proférer une entière protection. De plus, la femme est elle aussi valorisée puisqu’elle a la même dignité que son frère l’homme. C’est que le plus considéré pour Dieu est celui qui a le plus de piété parmi les deux sexes. Toutefois, loin de là toute conception de similitude entre ces deux âmes soeurs. C’est que ayant des spécificités qu’il ne faut pas gommer, chacun des deux partenaires est forcément le complément de l’autre.(7)

Il importe de signaler que le conseil-proposition réciproque des droits et vérités participe à un esprit de vigilance fraternelle qui doit animer tout musulman pour contrer le mal et corriger les différentes déviations à même de faire jour. Toutefois, cet esprit est loin de se confondre à un délire de persécution ou à une chasse à l’erreur. Tout au contraire, le Coran cite les erreurs humaines pour des visées pédagogiques. Selon la perception islamique, l’homme est imparfait et l’éducation spirituelle vise à fortifier le bien et à contrer le mal en lui. Dans ce sens, Mohammed, paix et salut à lui, affirme en substance que toute la descendance d’Adam est exposée aux fautes et que les meilleurs d’entre ces fautifs sont ceux qui se repentissent.(8)

4- S’enjoindre mutuellement la patiente endurance :

En dernier lieu, Dieu nous incite dans la Sourate d’al Asr à se recommander réciproquement la patience. C’est que, pour le croyant, la vie est une période d’examen dans laquelle il essaie de réussir ce test long de quelques décennies par les bons actes afin de mériter l’extase complète et la récompense majeure dans la vie dernière. Ainsi, la vie terrestre est une continuelle épreuve à même de contrarier le cheminement du musulman vers Dieu. Dans la Sourate de la Cité, Dieu appelle cette épreuve une montée pénible (Akaba) que le musulman doit engager avec succès en libérant le captif, en faisant preuve de charité en jour de famine, « ensuite être de ceux qui croient et s’enjoignent l’un à l’autre l’endurance et s’enjoignent l’un à l’autre la miséricorde. Ceux-là sont des gens de droite. »(9) Ainsi pour passer outre cet obstacle quatre bonnes oeuvres sont citées à titre symbolique, parmi lesquelles s’enjoindre mutuellement la patience.

En fait, faire don de soi, se priver volontairement pour donner à autrui ou appliquer une sentence, le jeûne par exemple, ne peuvent se faire sans une certaine persévérance et un désir de se dépasser et de vaincre son propre égoïsme. Faire tout cela individuellement n’est pas aisé. Mais l’accomplir dans un esprit de groupe, de bon compagnonnage et de recommandation mutuelle est plus aisé. La voie de Dieu, juchée d’épines et de contraintes selon le hadith, est surmontable avec la compagnie des croyants qui mènent le même combat et s’enjoignent l’endurance.

Parmi les recommandations à la patience citées dans le Coran, nous distinguons celle adressée au Prophète : «Et patiente-toi en compagnie de ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir, qui cherchent Son visage. Et que tes deux yeux n’aillent point au-delà d’eux, en quête d’un décorum dans la vie présente. »(10) La patience avec les croyants, et la recommandation de se patienter en leur compagnie est une aubaine dans la voie de Dieu. Elle permet de raccourcir le chemin et de se faire assister. Toutefois, c’est une assistance mutuelle qui combat toute mentalité moutonnière ou attentisme passif. Le croyant est sommé de patienter, d’être assisté, mais lui aussi doit inciter les autres à en faire de même.

Par ailleurs, la patience et la recommandation mutuelle à cette qualité sont deux vertus obligées pour le succès. Dieu affirme : « Ô les croyants ! Soyez endurants. Incitez-vous à l’endurance. Luttez constamment (contre l’ennemi) et craignez Dieu, afin que vous réussissiez ! »(11) Dieu nous raconte aussi un exemple de gratification des Enfants d’Israël grâce à cette qualité : « Et Nous avons désigné parmi eux des dirigeants qui guidaient (les gens) par Notre ordre aussi longtemps qu’ils enduraient et croyaient fermement en Nos versets. » (12) Bref, être orné d’endurance est une condition sine qua non pour l’achèvement réussi des nobles tâches.

En résumé, on a droit de se demander à quoi peut servir le progrès alors que l’Homme est malheureux. Le développement est certes nécessaire. Il présente pour nous plusieurs avantages. Il est le bienvenu mais à condition qu’il soit au service de l’espèce humaine et sous son contrôle. De plus, toute vision hédoniste du progrès éludant la question de la destinée après la mort est une vision bornée. Force est de constater que l’Univers a un Créateur qui nous a créés pour accomplir une mission qui sera récompensée dans la vie dernière. C’est vrai qu’on peut jouir de notre vie terrestre mais sans oublier celle qui nous attend, la vraie. Dieu met en garde : «Mais il est des gens qui disent : "Seigneur !Donne-nous belle part ici-bas ! Pour ceux-là, pas de part dans l’au-delà. Et il est des gens qui disent : "Seigneur !Donne-nous belle part ici-bas, belle part aussi dans l’au-delà ; et protège-nous du châtiment du feu ! »(13). En tant que musulmans nous oeuvrons pour la réussite dans les deux vies, l’éphémère et l’éternelle. Le grand succès, lui, est lié à l’autre vie. Nous nous y préparons par une recette constituée de quatre éléments phares : croire, faire de bonnes Suvres, s’enjoindre mutuellement et la Vérité et l’endurance. Serions-nous capable de se libérer des pesanteurs terrestres pour embrasser la voie du grand succès et y persévérer? Je crois que oui, mais le voudrions-nous ? A tout un chacun de sonder sa disponibilité et sa volonté.

1 Hadith rapporté par Muslim et Al Bokhari

2 Sourate As-sajda (la prosternation), verset 15

3 Rapporté par Muslim

4 Voir A.Yassine, La révolution à l’heure de l’islam, 1979.

5 Pour de plus amples informations, confère Hadith dit de Jibril dans lequel l’archange Gabriel s’enquiert auprès du Prophète Muhammad, paix et salut sur lui, du sens de l’islam, de l’iman et de l’ihssane qui sont des grades d’engagement et de soumission à l’Islam, ultime religion révélée par Dieu.

6 Hadith qodsi rapporté par Ahmed et Ibn Hibane.

7 Il serait long de traiter de l’injustice vécue par la femme en pays d’Islam, ce serait alors le sujet d’un prochain article s’il plaît à Dieu.

8 Hadith rapporté par Ahmed et Tirmidi

9 La Sourate de La Cité, verset 17.

10 La Sourate de La Grotte, verset 28.

11 La Sourate Al- Imrân, verset 200.

12 La Sourate As-sajda (la prosternation), verset 24.

13 La Sourate de La Vache, versets 200 et 201.

Publié le: mercredi 11 octobre 2006