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Par: Mohamed Chbani
Makhzen-Al Adl Wal Ihsane: un autre grand malentendu
Oui, le dernier procès de M. Omar Mohib, militant notoire du Mouvement, a prouvé que le makhzen voulait durcir le ton avec Al Adl Wal Ihsane qui refuse de cautionner un semblant de processus électoral local ; verdict : dix ans de prison ferme pour M. Mohib qui a déjà purgé les deux années dont il a été condamné en cour d’assises pour la même affaire.
Un grand malentendu, car lors des inondations qu’à connu la région du Gharb, c’est grâce au formidable travail de proximité des militants du mouvement qu’une catastrophe humanitaire a été évitée. En effet, les « frères » ont distribué des centaines de couvertures, de vêtements et de sacs remplis de provisions aux sinistrés. Les autorités ont laissé faire d’une part parce qu’elles étaient débordées devant l’ampleur du sinistre, et d’autre part parce qu’elles n’avaient pas de solutions de rechange devant une population bouillonnante au bord de l’insurrection (voir évènements de la région de Khnichat). Une autre raison a incité les autorités à tolérer l’activisme d’Al Adl Wal Ihsane dans cette région, le mouvement ne participera pas aux élections locales à venir et ne peut donc tirer aucun profit politique direct de son action.
Récompense de ces actions sociales qui ont aidé à dépressuriser une situation explosive : dix ans de prison ferme pour Si Omar, le malentendu persiste.
Les différents suppôts du makhzen (dont certains sont six pieds sous terre) qui se sont succédés au rênes du pouvoir avaient cru et croient toujours à tort qu’en opprimant le mouvement, en interdisant ses journaux, en fermant ses sièges, en allant jusqu’à bloquer ses sites internet, ils allaient arriver à le museler ; un grand malentendu car ceci ne fait que renforcer la crédibilité de ce dernier au yeux d’une population qui a perdu toute confiance dans les « institutions » officielles, et de ce que ces institutions pourraient lui amener.
Les sinistrés d’Al Gharb refusaient même d’accueillir les représentants des autorités tellement ils se méfiaient de ces acolytes dont la venue était à leur yeux synonyme d’ennuis, d’amendes et de réprimandes.
Qu’à cela ne tienne, le régime invite « nos pieux » oulémas à investir le champ social, ces tendres savants -tous fonctionnaires de leur état- sont invités à remplir le vide laissé par la répression des mouvements islamistes, wahhabites et enfin chiites ; la nature détestant le vide, nos exégètes doivent se démener pour ramener la paix sociale. Ils doivent déterrer les hadiths dont l’interprétation singulière a longtemps servi d’opium pour le peuple, ces hadiths qui ont été utilisés à contre sens pour faire avaler au peuple la pilule de la fatalité et qu’il devait accepter les miettes que le makhzen voulait bien lui laisser dans son infinie bonté. « Obéissez même si vous êtes opprimés, ne vous mêlez pas de ce qui ne vous regarde pas, acceptez de vivre dans la misère, c’est Dieu (exalté soit-il je dis) qui a choisi celui qui doit être riche de celui qui doit être pauvre ».
Si le prophète (paix et salut de Dieu à lui) était là, il aurait désavoué ces oulémas de mauvais augure et qui ne se réveillent que lorsqu’il s’agit de justifier l’injustice : un grand malentendu.
Les oulémas officiels ne régleront pas les problèmes innombrables du Maroc, les gesticulations (en vue des prochaines élections) de certains partis politiques à propos de la révision de la constitution ne régleront pas les problèmes du Maroc, l’allégeance travestie en modernité ne réglera pas les problèmes du Maroc, même le recours aux tyrannosaures ne réglera pas les problèmes du Maroc.
Seul le recours au libre choix du citoyen sur le système de valeurs qu’il veut voir gouverner pourra sauver la mise, et si le citoyen marocain choisit l’islam, n’est- ce pas l’essence même de la démocratie que de respecter le choix du peuple ?
Publié le: mardi 12 mai 2009






