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.Al Adl Wal Ihsane décide la suspension de sa participation au mouvement 20 février

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Les facettes d’un régime despotique (3/5)
Un régime sécuritaire

Dans n’importe quel pays les priorités sont déterminées par le gouvernement, selon les besoins du pays. Dans une démocratie, elles sont établies par les formations politiques dans le cadre des programmes politiques soumis à l’appréciation des citoyens pendant les campagnes électorales. Enfin, c’est suivant le degré de respect de leurs engagements, à travers ces programmes, que les gouvernements issus des formations politiques seront jugés.C’est tout à fait normal. C’est l’usage démocratique qui le veut. Mais tant s’en faut concernant les régimes totalitaires, et à leur tête les systèmes arabes.

La priorité, toute la priorité pour ces régimes arabes est accordée à la sécurité du régime, c’est à dire du dirigeant, car il est la charnière autour de laquelle s’articulent toutes les institutions de l’Etat. Le souci majeur est de sauvegarder le régime, coûte que coûte, quels que soient les moyens employés, les efforts consentis et les méthodes utilisées. Les priorités sociales concernant le développement humain, la santé, l’enseignement, le chômage, l’insécurité … viennent après, selon les moyens.

Bien entendu, le régime et ses complices prétendent agir dans l’intérêt du pays ; pour sa sécurité, sa paix sociale, sa stabilité et pour lui faire une place à l’échelle régionale et internationale.

Mais la réalité prouve que ce qui compte le plus et avant tout, pour eux, c’est la sécurité du dirigeant et de son régime. La pratique l’illustre clairement.

Tout d’abord, lors de chacun des déplacements du dirigeant, on ne peut qu’être étonné par l’ampleur des mesures sécuritaires. Les moyens matériels utilisés sont exagérés. Les forces de sécurité mobilisées sont énormes. Quand il s’agit de la sécurité des citoyens, les interventions de ces forces se font rares et lentes, si bien que les bandes de dangereux malfaiteurs pullulent à travers le pays. Ils sévissent partout et menacent dangereusement la vie et les biens des citoyens.

D’autre part, la gestion des dossiers sociaux et les revendications des différentes catégories sociales se fait le plus souvent par la manière forte. Pour régler les problèmes et les contentieux, ils font de la force leur moyen de prédilection. Le dialogue avec les organismes de la société civile est leur dernier souci. Ils ne connaissent pas le dialogue au sens propre. Il leur arrive parfois d’engager un pseudo-dialogue social, un dialogue de sourds dont ils font une occasion d’imposer leurs lois. La violence et les sanctions punitives sont souvent le procédé pour dissuader les revendicateurs. Même les handicapés sont battus. Les manifestations populaires paisibles sont le plus souvent réprimées et ne sont tolérées ou autorisées que si ces régimes sont mis au pied du mur.

De plus, toute voix libre et sincère est aussitôt étouffée. Toute expression d’opinion critique à l’égard du régime est interdite. Toute manifestation d’opposition véritable, même pacifique, refusant l’ordre établi est automatiquement écrasée. De larges couches sociales, des formations ou mouvements opposés, islamiques notamment, sont persécutés. Les répressions et les malversations contre Al Adl Wal Ihsane (Justice et Spiritualité) au Maroc et les frères musulmans en Egypte, mouvements pourtant pacifiques et modérés, sont les démonstrations les plus incontestables de l’arbitraire et de l’injustice de ces régimes corrompus et despotiques. Tous les slogans de démocratie, de Droits Humains, de citoyenneté et autres tombent alors.

Les dernières inondations du Gharb, au Maroc, ont provoqué une situation désastreuse pour les citoyens. Des douars entiers ont été inondés et complètement détruits. Des centaines de familles ont été privées de tout. Les autorités marocaines ont fait preuve d’une négligence et d’une lenteur étonnantes à secourir les sinistrés. Même les secours qu’elles ont pu faire parvenir étaient très insuffisants. Quand des citoyens sinistrés affamés et sans logement ont réagi à cette situation, ils ont été énergiquement réprimés. Beaucoup d’entre eux ont été arrêtés et expéditivement jugés et condamnés. C’est que la devise de ces régimes est de ne jamais tolérer de précédent, même dans des situations de crises exceptionnelles.

Comme à leur habitude dans ce genre d’occasion, les membres du Mouvement Al Adl Wal Ihsane dans la région étaient présents. Ils ont apporté un grand soutien à leurs frères qui ont beaucoup apprécié cette abnégation. Les autorités marocaines, elles, nous ont habitués à interdire ce genre d’actions sociales, même bénévoles et désintéressées. Leur campagne répressive contre ce mouvement n’a pas cessé depuis bientôt trois ans. Mais cette fois-ci, elles ont fait preuve de retenue. Elles ont laissé faire les frères, cette assistance tombait à pic. Tellement la situation était intenable.

C’est une réalité amère dont nous ne sommes pas seuls témoins, nous, citoyens vivant dans ces pays. Des journalistes, des observateurs, des spécialistes politiques font les mêmes constatations, à travers leurs écrits, leurs conférences ou leurs déclarations. En témoignent aussi les nombreux rapports émanant des institutions et organismes internationaux ou d’ONG nationales et internationales.

Publié le: samedi 02 mai 2009