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Par: Hicham Benbrahim

Crise systémique : les petits pays n’ont pas de place !

Depuis 2005, la langue que parle tout le monde, même les illettrés, c’est : l’économie. En effet, les différentes crises (alimentaire, énergétique, financière, etc.) qui se sont succédées ces dernières années, ont touché le vécu des populations au moins sur 2 plans : le pouvoir d’achat et l’emploi. Personne n’est épargné aussi bien dans les pays industrialisés, émergents ou pauvres.

Nous parlons d’emblée dans le titre de petits pays, ce qui nécessite un éclaircissement pour le lecteur avant de s’aventurer dans les labyrinthes de la crise actuelle. Petits pays, non en référence à la géographie ou la population mais par rapport à l’étendue de leur économie et son degré d’influence à l’international. Nous partons ici d’un constat évident, autour de la table du G20 seuls les pays riches et/ou les plus influents du monde sont présents.

Sans place sur cette table qui parle au nom de la moitié de la population mondiale ? La réponse vient du devant des bâtiments où se tiennent chaque fois les réunions du G20 : ce sont les altermondialistes et les verts. Des associations qui ont senti le véritable danger d’un capitalisme financier-industriel sauvage.

Revenons un peu dans le temps à l’été 2008, une partie des membres du G20 ont été les exportateurs de la crise dite systémique (multi-facettes : financière, économique, etc.) et les absents de ce groupe c.-à-d. environ 160 pays étaient les importateurs. Aujourd’hui sans réitérer les soubassements de la crise, la souffrance est partagée avec des écarts évidents en termes de gravité. Les pays du G20 ont la possibilité d’injecter des milliards de dollars ou d’euros pour sauver leur économie en tablant sur l’effet domino, à savoir : une fois l’économie mondiale en bonne santé cela aura des effets bénéfiques sur les petits pays.

La dernière phrase montre combien les petits pays sont des cobayes. Dans les années 1980, pour renforcer la dérégulation des marchés et la libéralisation des échanges, ces pays étaient poussés par les instances financières internationales vers l’ouverture de leurs économies (promotion des exportations, privatisation, etc.). A l’heure actuelle, ces économies très dépendantes du marché extérieur et des investissements directs à l’étranger, n’ont pas de véritables marges de manœuvre. Ceci dit, devant les dégâts de la crise, ils attendent la touche des maîtres qui façonnent l’économie mondiale de demain. Entre temps, les citoyens de ces pays perdent de plus en plus leurs droits sociaux et économiques; et quant ils manifestent leur désarroi la répression est là pour extorquer même leurs droits civils et politiques.

Nous arrivons à notre conclusion : les petits pays, dont le Maroc fait partie, non seulement n’ont pas de place autour de la table du G20 mais également sur l’échiquier économique mondial. La population de ces pays subit l’impact des désirs des puissants internationaux et des rentiers nationaux sans avoir le droit de hurler pour exprimer la douleur ressentie. Et comment !, si les petits gouvernements n’arrivent même pas à décrocher une place d’observateur dans les réunions de sauvetage du capitalisme.

Publié le: lundi 13 avril 2009