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Par: Mohamed Chbani
Le temps des remords
A entendre les récits du récent carnage qu’a effectué l’armée israélienne à Gaza, le commun des mortels reste sans voix. Exécutions sommaires de familles entières par des roquettes après les avoir rassemblé dans une même pièce, assassinats de pères de familles devant leurs enfants, interdiction de laisser passer les secours à des civils non combattants tout en les laissant agoniser dans leur sang, abandon d’enfants en bas âge jusqu’à mourir de faim -et l’expression n’est pas une image mais un cruelle réalité-, destruction de lieux de culte, utilisation du livre sacré des musulmans comme papier à toilette, inscriptions racistes sur les murs des maisons et des écoles pillées…tous ces crimes révèlent la rare barbarie d’une armée ayant le soutien « inconditionnel » des démocraties occidentales.
Personnellement je n’arrive pas à déchiffrer le message que veut passer le monde « libre et civilisé » et la « communauté internationale » aux peuples du tiers monde en général et au peuple arabe et musulman en particulier par ce soutien sans failles aux barbaries commises à Gaza.
Est-ce le sort réservé à tout peuple qui ose voter pour des gens que l’occident n’aime pas ?
Est-ce que l’occident veut nous faire comprendre que la démocratie ne marche que quand elle est pratiquée dans les pays du nord, et dès qu’il s’agit du sud, une autre approche du pouvoir s’impose à savoir la dictature télécommandée?
Est-ce le fameux dicton très démocratique et très humaniste de l’ancien président américain lapidé aux chaussures qui est toujours en vigueur, à savoir « tout ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous » ?
Est-ce que la vieille Europe et la nouvelle Amérique veulent, par leur soutien immuable aux criminels de guerre sionistes, se faire pardonner par cet enfant gâté et illégitime qui s’appelle « Israël » et que la vielle Europe a placé loin d’elle -telle une fille mère pleine de remords- chez une famille arabe et que maintenant elle veut prouver qu’elle protège toujours son enfant naturel dont le sort est connu d’avance comme celui de tous les bâtards ?
« Israel » ne veut pas la paix, cheikh Ahmed Yassine –que Dieu l’accepte en martyre- l’a dit il y a plus d’un quart de siècle. Le peuple israélien dans sa grande majorité ne veut pas la paix et j’en veux pour preuve qu’il est prêt à voter pour des gouvernants qui estiment que l’armée sioniste n’a pas achevé le travail en instaurant un cessez le feu unilatéral. Car pour tous ces bonnes gens, le seul bon palestinien est un palestinien mort ou prêt à récurer les cuvettes des israéliens, ou alors comme ce médecin palestinien et qui a tant ému l’occident, ce médecin dont la famille a été décimée par des tirs de roquettes des avions sionistes à l’heure où il travaillait en soignant des patients dans les hôpitaux israéliens (1). Les médias sionistes n’ont même pas eu la décence de le laisser pleurer ses enfants en intimité en le filmant au moment où il apprenait qu’un avion de ses employeurs « partisans de la paix » avait réduit sa maison en cendres. Il ne s’agirait pas d’une bavure, les sionistes l’auraient fait exprès pour montrer la complétude de leur vice et à quel point ils tiennent en estime les non sionistes. « Que cet héritage serve de leçon pour l’avenir » comme a dit la chancelière allemande lors de la commémoration il ya quelques mois de la « nuit de Cristal » (2), que le sort de ce médecin serve d’exemple aux « normalisateurs », notamment pour les pays arabes…
En tout cas, une chose est sûre, « Israël » ne veut pas la paix et ne l’aura pas, la paix n’aura jamais lieu avec les arabes, même en achetant tous les présidents et les rois arabes, même en étouffant tous les médias, même en pratiquant un terrorisme politique contre tous ceux qui soutiennent la résistance palestinienne (le responsable des relations extérieur de l’union européenne se refuse même de prononcer le nom du Hamas). L’occident ne pourra jamais gommer de la mémoire des peuples arabes que la terre sainte de Palestine a été volée à ses habitants autochtones au prix d’expropriations, d’expéditions terroristes des escadrons de la mort appelés « Haganah », de carnages tels que l’on voit on ce moment à Gaza. L’occident a implanté au sein des pays musulmans un cauchemar appelé « Israël ».
Toux ceux qui ont soutenu de près ou de loin le carnage de Gaza et les autres, même avec des paroles, même indirectement, même par leur mutisme – qui ne dit mot consent– portent sur leur conscience le poids de la mort atroce de milliers de femmes et d’enfants palestiniens.
Personne ne pourra dire un jour qu’il ne savait pas, personne ne pourra dire qu’il a été induit en erreur par des informations imprécises délivrés par les services de renseignements comme l’ont fait les américains et les anglais en envahissant l’Irak sur de prétendues fausses informations sur des supposées armes de destruction massive qui n’ont d’ailleurs jamais existé. Le simple spectateur devant son poste de télé comme le responsable qui a entre les mains les rênes du pouvoir, tout le monde est responsable.
Et quand vient le temps des remords, à savoir le temps où l’être humain sent que son heure est proche et que commencent à défiler devant ses yeux les images de sa vie, de ce qu’il a fait, de ce qu’il n’a pas fait, de ce qu’il aurait dû faire et de ce qu’il n’aurait pas dû, là, l’image des martyrs de Gaza l’envahira, l’image de ces enfants brulés vifs à l’acide phosphorique se profilera, car l’âme de ces êtres innocents ne pourra jamais laisser tranquille les âmes de ceux qui ont participé à ce génocide. Jamais les criminels de guerre et consorts ne trouveront la paix de leur âme, car s’ils arrivent à tromper la justice des hommes, ils ne pourront se soustraire à la justice de Dieu Le Tout Puissant –exalté soit-il-, et pour nos frères palestiniens nous disons ce que disait Abou Bakr que Dieu l’agrée:
« Fuis les honneurs et l’honneur te suivra, convoite la mort et la vie te sera donnée »
1 - cf. Le journal « Le Monde » numéros du 17 et du 24 janvier 2009.
Les larmes d'un médecin palestinien à la télévision israélienne (édition du 17 janvier 2009)
La douleur d'un père à Gaza (édition du 24 janvier 2009).
2 - La chancelière allemande a lancé un appel afin que « l’héritage du passé serve de leçon pour l’avenir » dans son discours lors de la commémoration du 70e anniversaire de la Nuit de Cristal, le 9 novembre 2008 dans la synagogue de la Rykestrasse. La chancelière dénonce « l’indifférence à l‘égard du racisme et de l’antisémitisme ». Pour elle, c’est un premier pas qui peut remettre en cause des valeurs incontournables. « Trop peu d’Allemands ont eu à l’époque le courage de protester contre la barbarie nazie (...). Cette leçon à tirer du passé vaut aujourd’hui pour l’Europe, mais aussi pour d’autres régions, notamment pour les pays arabes » (Pascal Thibault, « Il y a 70 ans, la Nuit de Cristal », 9 novembre 2008, Radio-France Internationale.
On peut comprendre que la très sérieuse chancelière allemande veuille rappeler aux allemands et aux européens qu’ils ont une dette envers les juifs pour les exactions commises lors de la dernière guerre mondiale, ce que l’on comprend moins c’est l’avertissement donné aux pays arabes qui eux ont plutôt subi le terrorisme israélien depuis 1948.
Publié le: vendredi 13 mars 2009






